06/11/2007

Influence de la proximité des routes et des villes sur l'avifaune de la campagne

Threshold distances to nearby cities and roads influence the bird community of a mosaic landscape

D. Palomino, L.M. Carrascal

Biological Conservation  140 ( 2007 ) 100 –109

 

Pour tester l'impact sur l'avifaune de la proximité des villes et des routes, les auteurs ont effectué  276 points d'écoute de 20 mn dans une région située à 40km au NW de Madrid, région sous forte pression immobilière à fin de résidences secondaires (Guadarrama, Manzanares, ...) en mai et début juin étalés sur 4 années consécutives (2001-2004).

Les caractéristiques de la végétation étaient estimées (à l’œil....) et les distances à la limite urbaine et la route les plus proches mesurées.

Le groupe d'espèces "menacées" est défini par les catégories 1,2 et 3 de la Liste rouge européenne (Birdlife International), les "spécialistes urbains"(Moineau, Pigeon, rougequeue noir, martinet noir, verdier, hirondelle rustique) et les "allergiques à la ville"(36 esp.) sont définis à partir d'une étude précédente dans la même région. Les corvidés (6 esp. y compris la pie bleue....) sont aussi traités à part.

La méthode statistique employée ("régression en arborescence" = "regression trees") permet de calculer les valeurs qui permettent de rendre compte de la plus forte variation du paramètre étudiée (abondance ou richesse spécifique) et donc le seuil à partir duquel une ville ou une route a une influence sur l'avifaune ainsi que leur importance relative par rapport à d'autres critères de l'environnement.

 Résultats:

-> Pour la richesse spécifique globale, la distance à la route (<110m) intervient négativement, mais après la présence/absence d'arbres à feuilles caduques

-> Pour les espèces menacées, si elles préfèrent de loin les zones sans arbres, la proximité des routes (<400m) intervient négativement, après cependant la hauteur des buissons

-> L'abondance totale des oiseaux est maximum en forêt décidues situées à une distance moyenne (290-540m) d'une route; l'effet négatif de la proximité (<290m) d'une route est contrebalancé en cas de proximité (<350m) d'une ville.

-> L'abondance des "spécialistes de la ville" est évidemment favorisée par la proximité (<190m)des villes.

-> L'abondance des "allergiques à la ville" est surtout influencée par la hauteur des arbres, l'altitude et la strate arbustive , mais la proximité (<60m) d'une route a aussi une influence (négative).

-> L'abondance des corvidés est, après une faible altitude, favorisée par la proximité (<630m) des villes, mais défavorisée par la proximité (variable selon les autres conditions du milieu) des routes

 Discussion:

L'effet est différent entre route et ville .

L'abondance des "spécialistes urbains" et des corvidés est multipliée par 10 à moins de 190m d'une ville. Il a cependant été démontré qu'aucune espèce de corvidés n'était - dans ce secteur - plus abondante en ville que dans le milieu naturel environnant. Ils profitent donc de l'écotone.

L'effet des routes dépend du milieu naturel environnant : négatif en forêt de conifères, prairies et zone de buissons, il est nul en forêt décidue.

Les espèces les plus perturbées par les routes sont les espèces menacées de milieux ouverts (Cochevis, Caille, Bruant fou et proyer, etc.).

Seuls les "spécialistes urbains" sont favorisés par le bord de route, sans doute parce qu'ils sont habitués aux perturbations du trafic. Peut-être aussi qu'ils utilisent les routes comme corridors de dispersion entre les villes.

15:38 Écrit par Fr dans urbanisation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |