15/12/2007

Les effets de l'urbanisation sur les oiseaux

Worldwide Urbanization and its effects on birds

John M. Marzluff 2001 

in Avian Ecology and Conservation in an Urbanizing World  J.M.Marzluff, R.Bowman and R.Donnelly (ed.) pp19-47

 

Fait à partir de la compilation de 101 études d'ornithologie urbaine 

I.Urbanisation mondiale

En 1700, 14 villes (toutes en Europe) d&passaient 200 000hab ; en 1900, 42 sur 4 continents et en 200, 171 sur les 5 continents

En 1900, 10% population vit en ville, en 2000 presque 50% et on en attend 70% vers 2050 (c’est à dire autant d’ »habitants que le population mondiale actuelle)

Aux USA, la surface des villes croît plus vite que la population. Parfois même la ville s’étend alors que la population décroit (Detroit)

 

II. Effets sur les oiseaux

 

1) Effets sur la composition de la communauté

En général, les travaux montrent une augmentation de la densité d’oiseaux et une baisse de la richesse et de l’équitabilité mais il n’y a pas une majorité écrasante : des études avec baisse de densité et augmentation de richesse ont été trouvées surtout en forêt d’altitude et quelques cas avec paramètres maximaux en milieu de gradient (suburbain)

 2) Effets sur quelques groupes d’oiseaux

- Effets les plus clairs : augmentation des espèces allochtones, des esp nichant sur les bâtiments, des prédateurs de nids et des parasites de nids et diminution des esp nichant à l’intérieur des forêts et sur le sol.(les 2 études montrant une augmentation des nicheurs sur le sol étaient conduites en milieu de prairies où la ville apportait plus de couvert buissonnant)

Moineau et Pigeons sont maintenant les esp les plus répandues en ville partout dans le monde.

 

- Effets sur les rapaces et les cavernicoles pas très nets : majorité de cas de baisse de rapaces et cavernicoles, mais pour les rapaces c’est net en milieu forestier, pas du tout en milieu de prairies ; même chose pour les cavernicoles qui augmentent si la ville s’installe en milieu steppique ou désertique (il y a plus de nourriture !)

 3) Effets sur la démographie

Seules 2 études (Pie, Merle) ne montrent pas de variations le long d’un gradient  et seules 4 études ont montré une baisse de la reproduction (G.argenté, Més. charbonnière, Epervier de Cooper et Crécerellette) et une seule baisse de la survie (Merle).

Le plus souvent augmentation de la reproduction et de la survie (dont Merle, Goéland arg et Mes. Charbo !)

 4) Facteurs influençant la démographie

             *facteurs positifs :

-l’augmentation nourriture augmente surtout la fécondité mais parfois aussi la survie en hiver

-réduction de la prédation et , en moindre mesure, de l’hostilité humaine

- amélioration du climat

- augmentation des sites de nidification

-allongement de la saison de nidif

            *facteurs négatifs :

-diminution de l’habitat disponible ou de la taille des zones intéressantes, augmentation des lisières

- augmentation des plantes importées

- simplification de la structure végétale

-certains prédateurs (corvidés, chats) peuvent être favorisés

-diminution des arthropodes

-développement de maladies

20:53 Écrit par Fr dans urbanisation | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

03/12/2007

Les chats domestiques et les oiseaux...

 Impact of predation by domestic cats Felis catus in an urban area

.

Philip J. Baker, Amy J. Bentley, Rachel J. Ansell and Stephen HarrisMammal Review 2005, Volume 35, No. 3&4, 302–312. 

.

Au Royaume-Uni, on estime la population féline à 8 millions d’animaux domestiques et 800 000 féraux.. Une étude , Woods, McDonald & Harris (2003), estimait à 52-63 M de mammifères, 25-29 M d’oiseaux et 6 M de reptiles et batraciens le nombre d’animaux capturés en 5 mois en Grande-Bretagne. Cette  prédation  est-elle additive ou se substitue-t-elle aux autres causes de mortalité ?Un questionnaire distribué à tous les habitants (36% de réponses) d’une zone de 4,2 km2 au NW de Bristol, zone majoritairement résidentielle mais assez variée. En plus de questions sur leurs chats, il leur a été demandé de tenir un journal des proies ramenées et de les garder pour identification..Il a été estimé d’après d’autres études que les chats rapportaient 1 proie sur 3,3.Les densités et les productivités des espèces-proies ont été estimées d’après des données bibliographiques et les caractéristiques écologiques de la zone étudiées, sauf les oiseaux dont les résultats d’une étude sur la région de Bristol ont été utilisés.Résultats : il y aurait 229 chats/km2 (28 chats/100 foyers). Le nombre de proies (2/3 de mulot sylvestre) rapportées est de1300-1500/km2 par saison, sauf en hiver « seulement » 700/km2. Au printemps, les oiseaux sont plus nombreux que les mammifères. Taux de prédations estimées :360 moineaux, 290 rougegorge, 170 accenteurs et 170 mes.bleues/km2/an). Cela donne 4900 /km2/an, même si entre la moitié et les ¾ des chats ne rapportent rien.Cela représenterait au moins 45% de la somme (densité avant reproduction + productivité) pour le moineau , l’accenteur et le rougegorge.Remarque personnelle : ces chiffres semblent énormes (et ce ne sont que les estimations minimum, les estimations moyennes sont 65% !) mais d’autres études donnaient des chiffres beaucoup plus faibles : au Royaume-Uni aussi, Churcher P.B. and Lawton J.H. (1987) [Predation by domestic cats in an English village   J. of Zoology 212: 439-455 ] donnent 30% de la mortalité des moineaux due aux chats.