02/02/2008

L'urbanisation homogénéise-t-elle l'avifaune ?

Homogenisation processes and local effects on avifaunal composition in Italian towns

A.Sorace, M.Gustin


Acta oecologica 33 (2008) 15 – 26

 L'idée de base, déjà développée par d'autres travaux, est que l'urbanisation a tendance à homogénéiser l'avifaune, c'est à dire à augmenter les ressemblances entre villes par rapport à celles entre zones naturelles adjacentes.
Les populations naturelles dépendent de facteurs géographiques (latitude, altitude, climat) et on peut penser que l'homénéisation diminue ce lien pour les espèces urbaines : la latitude n'aurait pas d'influence sur la richesse  des centres villes alors qu'elle fait diminuer la richesse des zones moins urbanisées.
Le travail veut vérifier les hypothèses suivantes :
-la similarité entre villes est plus importantes pour les secteurs centraux que périphériques
-la latitude fait moins diminuer la similarité pour les secteurs les plus urbanisés
- les effets de la latitude et de l'altitude sur la présence d'espèces spécialisées (i.e. méditerranéennes) sont moins nets dans les secteurs les plus urbains.

Méthode


Ces prédictions sont testées à partir des données de 26 atlas urbains.
La similarité entre 2 secteurs de la même ville ou de 2 villes différentes est calculée par l'indice de Sorensen :
R=100*Σ( pour toutes les espèces) 2 x mini (freqmil1, freqmil2)/(F1+F2)

où une espèce a freqmil1 comme fréquence dans le milieu1 et où F1 est le total des fréquences de toutes les espèces présentes dans le milieu 1.


Le "centre" est défini comme les 10% des carrés les plus centraux, la "périphérie interne" comme une bande (de 500m ou de 1000m suivant la taille de la ville) autour du centre, la "périphérie externe" comme l'ensemble des zones construite à + de 50% autour de la périphérie interne et le "secteur peu construit" comme la zone avec moins de 50% de constructions. 

Résultats


-> par espèce (fréquence moyenne en centre ville/nb de villes où l'espèce est présente)
Espèces caractéristiques du centre (plus fréquentes au centre qu'autres secteurs)
Pigeon biset
Tourterelle turque
Martinet noir
Hirondelle de fenêtre (peu de différence)
RQFB
Merle (peu de diff)
FTN 0,71/24
GM gris 0,36/18
M.bleue (mais pas la M. charbo)
Choucas
Pinson 0,49/22

Espèces surprenantes dans le centre : Torcol(0,17 dans 14 villes), Serin (0,63/23) Chardonneret (0,65/23) Verdier (0,70/24)

->Similarité entre secteurs:
en moyenne 80% entre centre et périph interne et entre périph'interne et externe, 78% entre périph externe et peu construit mais seulement 62% entre centre et peu construit

->Similarité entre villes :
elle est maximum pour "périph interne" puis "periph externe" puis "centre" puis (plus loin) "peu bâti"

->Effet latitude et altitude :
la similarité diminue quand augmente l'écart en altitude ou latitude
le coeff de correl augmente du centre à la périph externe (mais pas peu batis) ce qui signifie que les 2 facteurs sont moins efficaces au centre qu'en périphérie
Le nombre d'espèces méditerranéennes n'est corrélé avec la latitude qu'en secteur peu bâti

->Effet local ou régional :
la similarité est plus forte entre secteurs de la même ville qu'entre même secteur de villes différentes 

Discussion 


 Contrairement aux prévisions,le centre n'est pas la zone avec la plus forte similarité (c'est la périph interne), même pour les grandes villes (>350 000hab). En revanche, c'est bien le "peu construit" qui a le moins de similarité.
Le fait que le centre ville est la zone la plus stable en Italie, on peut penser que l'avifaune a eu le temps de s'adapter au centre en développant des spécificités (Merle bleu à Rome) alors que la périphérie plus instable favorise les espèces les plus généralistes.

19:29 Écrit par Fr dans urbanisation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |