21/01/2010

A quoi sert des compter les oiseaux sur les mangeoires ?

Exploration des données issues d’une opération de comptage hivernal des oiseaux dans les jardins en Wallonie et à Bruxelles

 

J-Y. Paquet, J. Poncin, M. De Sloover, D. Buchet, L. Bronne et J-S. Rousseau-Piot

 

Aves 46/4 2009 173-181

 

 Organisé par Natagora en Wallonie et Bruxelles et Natuurpunt en Flandres le premier WE de février depuis 2004 : 18 876 jardins ou stations enregistrés produisant 600 000 lignes de données en 6 ans (2004-09)

Méthode

-distribution grand public d'un formulaire avec des dessins de reconnaissance des principales espèces et des conseils de bonne pratique pour jardins.

-fourniture d’une liste préétablie d'espèces potentiellement visibles  (les M.nonnette et boréale fusionnées, la Perruche introduite dans la liste en 2005 seulement)

-l’observateur note le nb maximum d'individus observés pendant les 2 jours (une colonne par jour)

-renvoi formulaire par la poste ou saisie en ligne

Mésange bleue mangeoire red2

 

Données suivies

fréquence d'apparition et effectif moyen (calculé sur les stations où l'espèce est présente)

 

Résultats

- les stations sont concentrées dans les zones urbaines, donc les zones forestières et agricoles sont sous-représentées

-comparaison entre les cartes de l’ Atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie et les résultats de l’enquête : peu de différence pour la Sittelle, extension notable de la Més.noire et du Rougegorge en hiver ; la G.musicienne, plus fréquente à l'est en nidification est plus fréquente à l'ouest en hivernage à cause de la température plus douce

-10,4 esp/jardin avec variation interannuelle (9,3 -11); Brabant région la plus riche (11), Bruxelles plus pauvre (9)

- évolution apparemment positive de la fréquence de la Perruche et de la Corneille, négative de la Grive musicienne, Moineau friquet, peut-être du M.domestique

 

Discussion  

Il est délicat d’en tirer des tendances interannuelles de population:  

- la répartition des points n’est pas représentative de l'ensemble du territoire (et les jardins où on nourrit les oiseaux ne sont peut-être pas représentatifs des autres jardins).

- la fréquentation des jardins par le Ramier et la Sittelle diminue les années à faînes.

- la fréquentation des jardins varie au cours de l'hiver avec un pic dont la date peut varier d'une année à l'autre

 

Conclusion

Cette opération dont le but principal est de sensibiliser la population à la présence de la Nature dans leurs jardins peut aussi donner des résultats scientifiquement intéressants