18/03/2012

Les oiseaux du centre ville sont aussi sensibles au paysage

 

Cet article a été fait à partir des données de l’Atlas des oiseaux nicheurs de paris, publié par le Corif en avril 2010. Comme j’ ai assuré la coordination de cet Atlas, vous imaginez que je suis fier de vous présenter le résumé de cet article !

 

Birds are also sensitive to landscape composition and configuration within the city centre.

Vincent Pellissier, Marianne Cohen, Antoine Boulay, Philippe Clergeau

Landscape and Urban Planning 104 (2012) 181– 188

 

 Alors que de nombreuses études ont été réalisées le long d'un gradient d'urbanisation, on connait peu de choses sur l'influence des caractéristiques urbaines sur l'avifaune en zone densément urbanisée.

Les données ornithologiques utilisées sont celles qui ont permis la publication de l’Atlas des Oiseaux Nicheurs de Paris ( Les oiseaux de Paris - Un atlas urbain - Corif 2010 ; cf http://lesoiseauxdesvilles-publiperso.skynetblogs.be/arch...   ). Elles donnent la présence et l’abondance estimée des espèces nichant dans chaque carré d’un maillage de 1km de côté tracé sur Paris intra-muros ( sans les bois).

Les données de l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme), ont permis de calculer pour chaque carré la proportion de bâtiments et leur hauteur, de même pour la végétation, ainsi que la proportion de sol nu. La proportion de zone bâtie varie de 9% à 59,3%, les plus bâties étant au centre et à l’ouest, les moins bâties à la périphérie et le long des voies d’eau. Le couvert végétal varie de 4,5% à 46.9%, le minimum étant en général au centre et le maximum à l’ouest, au sud et dans les carrés contenant les grands parcs. Ils ont regroupé les espèces en fonction de leurs habitudes de nidification et alimentaires ( on appelle guilde ce genre de regroupement).

 

Orgues-de-Flandre_red.jpg

 Sans surprise, l’étude a mis en évidence que la richesse (= nombre d’espèces) en insectivores et en nicheurs arboricoles était influencée par la proportion d’arbres et que les nicheurs des toits préféraient les bâtiments de plus de 18m… L'abondance (= nombre d’individus) des insectivores augmente avec la proportion de buissons, surtout quand il y a beaucoup de bâtiments élevés. L’abondance des granivores est positivement liée à la proportion d’immeubles de 18 à 30m et par la proportion de buissons. L'abondance des omnivores augmente avec  la proportion d’arbres, avec  la connectivité des espaces verts quand la proportion de sol nu est faible et avec l’hétérogénéité de la hauteur des bâtiments. Les nicheurs arboricoles apprécient évidemment une forte proportion d’arbres mais apprécient aussi le sol nu et l’importance des bâtiments de 18 à 30m. Les nicheurs des toits sont désavantagés par une forte proportion de sol nu, effet contrebalancé par la présence de zones de végétation bien connectées entre elles.

 Globalement, l'abondance des omnivores et des nicheurs au sol ou sur les arbres est sensible aux caractéristiques des bâtiments alors que les  insectivores, les granivores et les nicheurs sur les toits sont sensibles à l'aménagement des espaces verts.  Il est donc intéressant de souligner que les caractères de l’urbanisme ont une influence sur les populations d’oiseaux urbains même dans la partie la plus urbanisée du gradient

Cela conduit à penser que l'urbanisme peut aussi améliorer l'abondance de l'avifaune en centre ville en variant les hauteurs des bâtiments dans les projets de rénovation urbaine plutôt que de faire des groupes d'immeubles de la même taille ou en se concentrant sur la configuration spatiale des espaces verts plutôt que sur leur surface.

 

18:27 Écrit par Fr dans urbanisation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |