13/09/2008

L'urbanisation trie les espèces d'oiseaux

DOES URBANIZATION FILTER BIRDS ON THE BASIS OF THEIR BIOLOGICAL TRAITS ?

 Solène Croci,Alain Butet, and Philippe Clergeau

The Condor 110(2):223–240

 

Le milieu urbain impose aux êtres vivants des conditions particulières et le but de cet article est de vérifier si cela confère aux oiseaux qui s’y établissent des caractéristiques communes.

Les auteurs ont comparé, pour 11 villes françaises et une suisse, l’avifaune de chaque ville à celle de sa région environnante et en ont tiré une liste d’espèces « urbanophiles » (« urban adapters ») et d’espèces « urbanophobes » (« urban avoiders »).

Voies gare de l'Est red

Comment s'adapter à ce genre de milieu  (voies de la gare de l'Est à Paris) ?

 

Ils ont montré que les espèces urbanophiles étaient principalement d’origine forestière ou montagneuse, omnivores, sédentaires, grégaires à 2 couvées annuelles au maximum avec peu d’œufs et des jeunes qui restent longtemps au nid, qui est fermé et élevé, sans dimorphisme sexuel . On peut résumer un certain nombre de ces caractéristiques par le fait que ces espèces investissent plus dans la survie que dans la reproduction, à l’inverse des  « urbanophobes » qui investissent plus dans la reproduction, ce qui les empêcheraient de consacrer assez d’énergie à s’adapter à la ville. D’où l’idée du filtre biologique qui laisse passer les espèces qui ont certains caractères et bloque les autres.

L’étude de milieux boisés répartis le long d’un gradient urbain-rural de 10 km, à Rennes, a donné des résultats a priori surprenants : toutes les espèces trouvées sont des « urbanophiles », mais on ne trouve pas de traits marquants chez celles qui sont les plus ou les moins urbanophiles. Cela prouve que l’influence de la ville s’étend loin du centre ville mais qu’ensuite, à plus petite échelle, d’autres facteurs doivent intervenir (liés à la structure du paysage, tels que la taille et la connectivité des parcelles boisées ).

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02/02/2008

L'urbanisation homogénéise-t-elle l'avifaune ?

Homogenisation processes and local effects on avifaunal composition in Italian towns

A.Sorace, M.Gustin


Acta oecologica 33 (2008) 15 – 26

 L'idée de base, déjà développée par d'autres travaux, est que l'urbanisation a tendance à homogénéiser l'avifaune, c'est à dire à augmenter les ressemblances entre villes par rapport à celles entre zones naturelles adjacentes.
Les populations naturelles dépendent de facteurs géographiques (latitude, altitude, climat) et on peut penser que l'homénéisation diminue ce lien pour les espèces urbaines : la latitude n'aurait pas d'influence sur la richesse  des centres villes alors qu'elle fait diminuer la richesse des zones moins urbanisées.
Le travail veut vérifier les hypothèses suivantes :
-la similarité entre villes est plus importantes pour les secteurs centraux que périphériques
-la latitude fait moins diminuer la similarité pour les secteurs les plus urbanisés
- les effets de la latitude et de l'altitude sur la présence d'espèces spécialisées (i.e. méditerranéennes) sont moins nets dans les secteurs les plus urbains.

Méthode


Ces prédictions sont testées à partir des données de 26 atlas urbains.
La similarité entre 2 secteurs de la même ville ou de 2 villes différentes est calculée par l'indice de Sorensen :
R=100*Σ( pour toutes les espèces) 2 x mini (freqmil1, freqmil2)/(F1+F2)

où une espèce a freqmil1 comme fréquence dans le milieu1 et où F1 est le total des fréquences de toutes les espèces présentes dans le milieu 1.


Le "centre" est défini comme les 10% des carrés les plus centraux, la "périphérie interne" comme une bande (de 500m ou de 1000m suivant la taille de la ville) autour du centre, la "périphérie externe" comme l'ensemble des zones construite à + de 50% autour de la périphérie interne et le "secteur peu construit" comme la zone avec moins de 50% de constructions. 

Résultats


-> par espèce (fréquence moyenne en centre ville/nb de villes où l'espèce est présente)
Espèces caractéristiques du centre (plus fréquentes au centre qu'autres secteurs)
Pigeon biset
Tourterelle turque
Martinet noir
Hirondelle de fenêtre (peu de différence)
RQFB
Merle (peu de diff)
FTN 0,71/24
GM gris 0,36/18
M.bleue (mais pas la M. charbo)
Choucas
Pinson 0,49/22

Espèces surprenantes dans le centre : Torcol(0,17 dans 14 villes), Serin (0,63/23) Chardonneret (0,65/23) Verdier (0,70/24)

->Similarité entre secteurs:
en moyenne 80% entre centre et périph interne et entre périph'interne et externe, 78% entre périph externe et peu construit mais seulement 62% entre centre et peu construit

->Similarité entre villes :
elle est maximum pour "périph interne" puis "periph externe" puis "centre" puis (plus loin) "peu bâti"

->Effet latitude et altitude :
la similarité diminue quand augmente l'écart en altitude ou latitude
le coeff de correl augmente du centre à la périph externe (mais pas peu batis) ce qui signifie que les 2 facteurs sont moins efficaces au centre qu'en périphérie
Le nombre d'espèces méditerranéennes n'est corrélé avec la latitude qu'en secteur peu bâti

->Effet local ou régional :
la similarité est plus forte entre secteurs de la même ville qu'entre même secteur de villes différentes 

Discussion 


 Contrairement aux prévisions,le centre n'est pas la zone avec la plus forte similarité (c'est la périph interne), même pour les grandes villes (>350 000hab). En revanche, c'est bien le "peu construit" qui a le moins de similarité.
Le fait que le centre ville est la zone la plus stable en Italie, on peut penser que l'avifaune a eu le temps de s'adapter au centre en développant des spécificités (Merle bleu à Rome) alors que la périphérie plus instable favorise les espèces les plus généralistes.

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19/01/2008

Goélands et Pèlerin napolitains

  Maurizio Fraissinet a eu l'amabilité de m'envoyer 2 articles sur les oiseaux de Naples, dont voici un résumé 

Il Gabiano reale mediteraneo Larus michahellis nidificante a Napoli
Maurizio Fraissinet & Davide De Rosa
Alula XIII (1-2): 163-170 (2006)

Le Goéland leucophée a commencé à s'établir en milieu urbain au début des 70'. En Italie le phénomène a atteint un niveau important, aussi bien en bord de mer qu'à l'intérieur des terres, avec plus d'une centaine de couples à Trieste et Rome.
A Naples, la colonisation a commencé à la fin des année 80 ( 1ère nidification constatée en 1990). Voici les résultats obtenus à l'occasion 2ème Atlas des oiseaux nicheurs et hivernants de Naples (2006)
La ville de Naples comprend 1M hab répartis sur 117km2 presque entièrement urbanisés,elle est disposée en amphithéatre sur la mer, de 0 à 450m d'altitude, pour une longueur de 8 km de long.
En 2005, on a trouvé 75-79 couples nicheurs (14 en 1990, 30 en 1995), 54% en falaises naturelles et 45% en milieu nettement anthropique [22% des carrés de l'atlas occupés en 2000-2004 contre 2% en 1990-94].

Sites de nids :sur les 34 nids en milieu anthropique, 12 ont été construits sur des toits en tuiles et 18 sur des toits en ciments.
Productivité : 2,55 oeufs/nids, succès reproductif de 66,4% (1,8 jeune envolé/nid), pas de différence entre milieu naturel et urbanisé.
Eclosion : 20/4-20/5(principalement 25/4-5/5); envols : 25/5 - 20/7(principalement au mois de juin), les dates sont plus homogènes en milieu anthropique et plus étalées en milieu naturel
Nourriture : couples "naturels" presque uniquement poissons
                     couples anthropisés : pigeons (70%), poissons(20%),déchets (10%) [sans compter un couple nourri à la mozarelle (di bufalla s'il vous plait! ) par une habitante !.....]
Distance entre les nids beaucoup plus grande en milieu anthropique qu'en falaise : sur les toits,il n'est pas possible de constituer une vraie colonie avec des couples séparés de qq mètres comme en falaise.
Ces résultats recoupent ceux précédemment trouvés à Triestre, à Barcelone et dans un certain nombre de viles anglaises


LA DIETA DI UNA COPPIA NIDIFICANTE DI FALCO PELLEGRINO (FALCO PEREGRINUS) IN AMBITO URBANO A NAPOLI
Maurizio Fraissinet & Davide De Rosa

Atti Mus.  Civ. Stor. Nat. Trieste (15/12/2005)

En 2007, 5 couples de Faucons pèlerins ont niché à Naples, dont un depuis 4 ans sur un balcon au 17è etage d'un immeuble. Il a été suivi grâce à une webcam.
4 oeufs ont été pondus de manière asynchrone à partir de fin février, éclosion à partir du 6/4 de 3 oeufs, envol de 2 poussins les 18 et 29/5

Analyse de 64 proies étudiées

Espece N % % Biomasse
Pigeon biset 19 29,69 56,71
Moineau italien 8 12,50 2,46
Caille 7 10,94 7,22
Merle 6 9.38 6,11
Tourterelle des bois 5 7,81 6,96
Martinet 5 7,81 2,16
Tourterelle turque. 2 3,13 4,07
Loriot 2 3,13 1,34
Passereaux non identifiés 2 3,13 0
Fauvette orphée 1 1,56 0,1
Bergeronnette grise 1 1,56 0,2
Pinson des arbres 1 1,56 0,23
Chouette hulotte 1 1,56 4,67
Epervier 1 1,56 2,07
Pie 1 1,56 2,25
Pipistrelle 1 1,56 0,05
Rat surmulot 1 1,56 3,3
Total 64 100 100

 

A noter l'importance du pigeon et la représentation relativement faible des espèces migratrices (35% des ind capturés). Originale, la capture d'un rat sumulot, sans doute près du marché de fruits et légumes.

15/12/2007

Les effets de l'urbanisation sur les oiseaux

Worldwide Urbanization and its effects on birds

John M. Marzluff 2001 

in Avian Ecology and Conservation in an Urbanizing World  J.M.Marzluff, R.Bowman and R.Donnelly (ed.) pp19-47

 

Fait à partir de la compilation de 101 études d'ornithologie urbaine 

I.Urbanisation mondiale

En 1700, 14 villes (toutes en Europe) d&passaient 200 000hab ; en 1900, 42 sur 4 continents et en 200, 171 sur les 5 continents

En 1900, 10% population vit en ville, en 2000 presque 50% et on en attend 70% vers 2050 (c’est à dire autant d’ »habitants que le population mondiale actuelle)

Aux USA, la surface des villes croît plus vite que la population. Parfois même la ville s’étend alors que la population décroit (Detroit)

 

II. Effets sur les oiseaux

 

1) Effets sur la composition de la communauté

En général, les travaux montrent une augmentation de la densité d’oiseaux et une baisse de la richesse et de l’équitabilité mais il n’y a pas une majorité écrasante : des études avec baisse de densité et augmentation de richesse ont été trouvées surtout en forêt d’altitude et quelques cas avec paramètres maximaux en milieu de gradient (suburbain)

 2) Effets sur quelques groupes d’oiseaux

- Effets les plus clairs : augmentation des espèces allochtones, des esp nichant sur les bâtiments, des prédateurs de nids et des parasites de nids et diminution des esp nichant à l’intérieur des forêts et sur le sol.(les 2 études montrant une augmentation des nicheurs sur le sol étaient conduites en milieu de prairies où la ville apportait plus de couvert buissonnant)

Moineau et Pigeons sont maintenant les esp les plus répandues en ville partout dans le monde.

 

- Effets sur les rapaces et les cavernicoles pas très nets : majorité de cas de baisse de rapaces et cavernicoles, mais pour les rapaces c’est net en milieu forestier, pas du tout en milieu de prairies ; même chose pour les cavernicoles qui augmentent si la ville s’installe en milieu steppique ou désertique (il y a plus de nourriture !)

 3) Effets sur la démographie

Seules 2 études (Pie, Merle) ne montrent pas de variations le long d’un gradient  et seules 4 études ont montré une baisse de la reproduction (G.argenté, Més. charbonnière, Epervier de Cooper et Crécerellette) et une seule baisse de la survie (Merle).

Le plus souvent augmentation de la reproduction et de la survie (dont Merle, Goéland arg et Mes. Charbo !)

 4) Facteurs influençant la démographie

             *facteurs positifs :

-l’augmentation nourriture augmente surtout la fécondité mais parfois aussi la survie en hiver

-réduction de la prédation et , en moindre mesure, de l’hostilité humaine

- amélioration du climat

- augmentation des sites de nidification

-allongement de la saison de nidif

            *facteurs négatifs :

-diminution de l’habitat disponible ou de la taille des zones intéressantes, augmentation des lisières

- augmentation des plantes importées

- simplification de la structure végétale

-certains prédateurs (corvidés, chats) peuvent être favorisés

-diminution des arthropodes

-développement de maladies

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06/11/2007

Influence de la proximité des routes et des villes sur l'avifaune de la campagne

Threshold distances to nearby cities and roads influence the bird community of a mosaic landscape

D. Palomino, L.M. Carrascal

Biological Conservation  140 ( 2007 ) 100 –109

 

Pour tester l'impact sur l'avifaune de la proximité des villes et des routes, les auteurs ont effectué  276 points d'écoute de 20 mn dans une région située à 40km au NW de Madrid, région sous forte pression immobilière à fin de résidences secondaires (Guadarrama, Manzanares, ...) en mai et début juin étalés sur 4 années consécutives (2001-2004).

Les caractéristiques de la végétation étaient estimées (à l’œil....) et les distances à la limite urbaine et la route les plus proches mesurées.

Le groupe d'espèces "menacées" est défini par les catégories 1,2 et 3 de la Liste rouge européenne (Birdlife International), les "spécialistes urbains"(Moineau, Pigeon, rougequeue noir, martinet noir, verdier, hirondelle rustique) et les "allergiques à la ville"(36 esp.) sont définis à partir d'une étude précédente dans la même région. Les corvidés (6 esp. y compris la pie bleue....) sont aussi traités à part.

La méthode statistique employée ("régression en arborescence" = "regression trees") permet de calculer les valeurs qui permettent de rendre compte de la plus forte variation du paramètre étudiée (abondance ou richesse spécifique) et donc le seuil à partir duquel une ville ou une route a une influence sur l'avifaune ainsi que leur importance relative par rapport à d'autres critères de l'environnement.

 Résultats:

-> Pour la richesse spécifique globale, la distance à la route (<110m) intervient négativement, mais après la présence/absence d'arbres à feuilles caduques

-> Pour les espèces menacées, si elles préfèrent de loin les zones sans arbres, la proximité des routes (<400m) intervient négativement, après cependant la hauteur des buissons

-> L'abondance totale des oiseaux est maximum en forêt décidues situées à une distance moyenne (290-540m) d'une route; l'effet négatif de la proximité (<290m) d'une route est contrebalancé en cas de proximité (<350m) d'une ville.

-> L'abondance des "spécialistes de la ville" est évidemment favorisée par la proximité (<190m)des villes.

-> L'abondance des "allergiques à la ville" est surtout influencée par la hauteur des arbres, l'altitude et la strate arbustive , mais la proximité (<60m) d'une route a aussi une influence (négative).

-> L'abondance des corvidés est, après une faible altitude, favorisée par la proximité (<630m) des villes, mais défavorisée par la proximité (variable selon les autres conditions du milieu) des routes

 Discussion:

L'effet est différent entre route et ville .

L'abondance des "spécialistes urbains" et des corvidés est multipliée par 10 à moins de 190m d'une ville. Il a cependant été démontré qu'aucune espèce de corvidés n'était - dans ce secteur - plus abondante en ville que dans le milieu naturel environnant. Ils profitent donc de l'écotone.

L'effet des routes dépend du milieu naturel environnant : négatif en forêt de conifères, prairies et zone de buissons, il est nul en forêt décidue.

Les espèces les plus perturbées par les routes sont les espèces menacées de milieux ouverts (Cochevis, Caille, Bruant fou et proyer, etc.).

Seuls les "spécialistes urbains" sont favorisés par le bord de route, sans doute parce qu'ils sont habitués aux perturbations du trafic. Peut-être aussi qu'ils utilisent les routes comme corridors de dispersion entre les villes.

15:38 Écrit par Fr dans urbanisation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/10/2007

Des espèces prédestinées à la vie urbaine ?

Urban birds have broader environmental tolerance

Frances Bonier, Paul R. Martin and John C. Wingfield

Biology Letters doi:10.1098/rsbl.2007.0349

 

L'hypothèse testée est que les espèces à large spectre adaptatif sont plus susceptibles de tolérer l'urbanisation.

Les auteurs ont comparé les distributions altitudinales et latitudinales de 217 espèces urbaines trouvées dans 73 des plus grandes villes du monde avec celles de 245 de leurs congénères ruraux (au sens littéral : en faisant à chaque fois des comparaisons entre espèces à l'intérieur d'un même genre).Les espèces urbaines ont une tolérance nettement plus grande que les espèces rurales, aussi bien altitudinale (10°d'amplitude en plus) que latitudinale (500m de plus).Les résultats suggèrent qu'une grande flexibilité comportementale, écologique et physiologique prédispose à réussir en milieu urbain, en particulier la faculté d'ajuster son comportement en réponse à de nouvelles conditions (nouvelle source de nourriture, nouveau site de nidification, adapter son chant au bruit ambiant), mais aussi, par exemple, un plus faible taux d'hormone de stress.

Cela suggère de nombreux sujets de recherche pour compléter et enrichir ces idées.... 

21:21 Écrit par Fr dans urbanisation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/06/2007

Les oiseaux urbains chantent plus haut et plus fort

Birds sing at a higher pitch in urban noise

 Hans Slabbekoorn et Margriet Peet

Nature|vol 424 | 17 July 2003  p. 268

 

 

Des travaux à Leyde (Pays-Bas) sur la Mésange charbonnière ont montré des amplitudes sonores variant de 42 à 63 décibels d’une zone résidentielle très calme à un quartier très bruyant près d’ un carrefour ou d’un aéroport.

Si on mesure la fréquence minimum du chant de chaque mâle, on note que les mâles des zones bruyantes ont une fréquence minimum moyenne supérieure (= moins grave) que ceux des zones calmes.

Est-ce un caractère génétique ? Les mésanges apprennent surtout leur chant par ce qu’ils entendent  dans leur environnement. Il est donc plus probable que les mâles aient appris à réduire l’amplitude de la fréquence de leur chant à l'écoute de leurs voisins.

En tout cas, cela montre - pour la première fois,semble-t-il - que l’environnement modifié par l’Homme peut modifier les signaux de communication chez les oiseaux. Cela peut provoquer des problèmes pour les espèces qui ne peuvent modifier leur vocalisation.

 

Cities Change the Songs of Birds

Hans Slabbekoornand Ardie den Boer-Visser

Current Biology 16, 2326–2331

 

Pour la Mésange charbonnière, les auteurs ont trouvé des chants plus courts et avec un rythme plus rapide ainsi qu’une quantité plus grande de chants atypiques en milieu urbain.

Sur 10 comparaisons entre ville et forêt environnante, de Londres à Prague et d’Amsterdam à Paris, ils ont trouvé une fréquence minimum à chaque fois plus forte en ville.

Il est rappelé que l’effet Lombard (chanter plus fort quand l’arrière-fond sonore est plus puissant) existe aussi chez les oiseaux urbains.

 Cela révèle une plasticité comportementale qui peut être une clé du succès en milieu urbain, dont l’insuffisance peut expliquer les effets négatifs exercés sur les communautés aviennes qui vivent dans les zones bruyantes des villes ou des bords d’autoroute.

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