24/08/2015

D'autres papiers sur la Pie australienne et les problèmes qu'elle pose en ville...

Voici les résumés « à la hache » de 3 papiers consacrés par D.N. Jones à la gestion des problèmes posés par la Pie australienne en milieu suburbain. J’ai les articles à la disposition de qui m’en fait la demande en utilisant « me contacter » dans la colonne de gauche du blog principal…

 

Pie-australienne_attaque1_DavidKelly.jpg

Un postier attaqué pendant sa tournée photo David Kelly

 

Management of aggressive Australian Magpies by translocation

DN Jones et T. Nealson    Wildlife Research, 2003, 30, 167-177

Attaques presque toujours l’œuvre du mâle pour pourchasser un intrus de la proximité de son nid (mais pb pour expliquer les attaques contre les cyclistes). On estime que des milliers de personnes sont touchées chaque année, parfois gravement (yeux, accidents de vélo).

Le moyen utilisé historiquement est la chasse (et aujourd’hui encore à la campagne et petites villes).

Depuis qq temps dans le Monde occidental, surtout en ville, la destruction d’oiseaux est considérée comme insupportable. C’est devenu une composante majeure des réflexions sur le contrôle des espèces sauvages en ville. Ne pas en tenir compte ouvre la porte à des conflits et à une décrédibilisation des mesures de contrôle. 70% des gens touchés par les attaques de pies sont opposés aux mesures létales.

Donc utilisation du déménagement (capture, transport et relâcher). Premières études (1996-97) ont prouvé l’efficacité mais reste le pb du devenir des oiseaux relâchés et du sort des jeunes au nid avec la seule femelle.

Etude 99-2000 sur des pies agressives, avec priorités aux cas d’attaques graves avec personnes jeunes ou âgées en cause. Les attaques sont des phénomènes individuels (il y a des individus agressifs et d’autres non). Pas d’intervention en cas de d’intimidation sans contact (risque faible) : on préconise des avertissements écrits. Capture des oiseaux dangereux par cage avec appelant vivant (une autre pie agressive), en moins de 10 mn d’habitude ! Seulement 5 échecs sur 250, dont 3 avec des pies déjà capturées par ce piège… Relâchées à des distances variables.

1700 cas d’attaques recensés en 2 ans pour le SE du Queensland pour 1100 oiseaux différents, surtout en aout-octobre( max en 09). 140 pies capturées et transportées. Distance 40-150km, m=78km (études préalables avaient montré qu’en dessous de 25 km elles revenaient au nid). 5 ( 3,5%) sont revenues au nid (distance moyenne 79 km), 17 revues ailleurs ( distance moyenne parcourue : 16km).

Seuls 3 oiseaux relâchés ont montré un comportement agressif, donc 98% de réussite (138/141)   

Travail effectué par 2 personnes 3 jours par semaine

A signaler 9 cas de fin des attaques par nourrissage des oiseaux (mais seuls les nourrisseurs sont épargnés !)

A Brisbane 9% des 118 pies nicheuses connues ont été trouvées agressives, ce qui laisse à penser que seuls 40% des pies agressives ont été signalées aux autorités.

Efficace ? Oui mais 10 cas (avec ceux des études préalables) où la femelle est devenue agressive.

Sort des mâles relâchés ? pas de trace de 85%, sans doute attirés par des groupes de non-nicheurs . Risques de mortalité accrue quand même…

Sort des petits ? Le mâle est vite remplacé et le nouveau nourrit les jeunes

Sur le lieu de lâcher ? très peu de pies restées agressives, pas de pb de mélange génétique mais risque de transfert de microbes

Méthode de transport ne doit pas être utilisée comme une méthode sans risque mais une des méthodes disponibles.

 

Pie-australienne_attaque2-jaznit.jpg

 Regardez bien, elle attaque juste à l'aile du nez, ça doit faire mal !... photo "gaznit"

 

Evidence of target specificity in attacks by Australian magpies on humans

R.M. Warne et D.N. Jones Wildlife Research, 2003, 30, 275-267

Etude de 48 cas d’agressions à Brisbane en sept-oct 1999 en suivant particulièrement le type d’intrus ciblé par les attaques : 71% ciblait un seul type d’intrus ( 52% n’attaquant que des piétons, 8% uniquement des cyclistes et 10% uniquement des postiers) et 29% attaquaient des piétons et des cyclistes (mais jamais des postiers). Alors que tous les cyclistes et postiers étaient attaqués par leurs « ennemies spécifiques», seulement certains piétons l’étaient par les leurs : il y aurait donc peut-être une reconnaissance plus fine du type de piéton attaqué.

Etude préalable : toutes les attaques ont lieu dans un rayon de 100-15km du nid.

 Pour les piétons et cyclistes les attaques ont toujours lieu dans la « zone d’attaque » alors que les postiers peuvent être attaqués plus loin

 

Pie-australienne-attaque3-JohnGrainger.jpg

Même une jeune fille "déguisée" en noir et blanc est attaquée... photo John Grainger

 

Wildlife management in the extreme : managing Magpies and mothers in a suburban environment.

D.Jones in « Too close for comfort : contentious issues in human-wildlife encounters » D.Lunney, A. Munn and W.Meikle eds. Royal society of New South Wales, Mosman, Australia, 2008.

Résumé des connaissances à cette date (dernière ref biblio 2006).

Originaire de milieux ouverts et de savanes, l’espèce a profité des défrichements pour l’agriculture mais surtout de l’établissement des villes à l’européenne. Espèce indigène préférée des habitants ( couleur, comportement « effronté », vocalisations).

Les solutions létales sont jugées inacceptables par la communauté, surtout dans les zones très visibles comme les parcs

Cycle reproductif

Commence fin juin-début juillet avec les conflits avec les pies voisines pour l’établissement des territoires. Ponte ( 2-4 œufs) début août, éclosion 3 semaines ensuite. Jeunes au nid de fin août à deb octobre. Une deuxième couvée immédiatement entreprise est classique.

Défense de couvée ou territorialité ?

Une des très rares espèces à être en permanence territoriale, en particulier à cause de la densité des territoires en zone suburbaine. Agressivité territoriale dirigée uniquement contre d’autres pies (et parfois tourterelles et cacatoes).

La défense de la couvée n’intervient que quand il y a qqchose à défendre et vise tout intrus (chat, chie, serpent et humains). Elle commence à l’éclosion et cesse à l’envol avec un accroissement parallèle à la croissance des jeunes. Le pic des attaques est donc fin sept- debut octobre et elles cessent rapidement ensuite.

Ces attaques sont donc un comportement normal de parents défendant leur progénitude et non la conséquence du caractère « rogue » de certains individus aberrants. C’est une remarque importante pour débarrasser la question de la notion de punition d’un comportement criminel.

Moins de 10% des couples montrent une agressivité quelconque. (mais très variable selon les zones). Ce sont presque toujours les mâles qui attaquent.

 

Causes de l’agressivité

Ce comportement de défense des couvées est surprenant car l’homme n’est pas un prédateur de la pie. La cause principale de mortalité des jeunes pies en ville est l’accident de voiture, mais les pies devraient considérer la voiture et non l’Homme comme la cause. La récupération de jeunes tombés du nid a pu être interprétée comme une prédation et c’est , semble-t-il, une cause importante de l’agressivité des pies. Mais cela ne suffit certainement pas à tout expliquer.

Il semble bien que la couleur ou la longueur des cheveux, la couleur ou le type des vêtements ne sont pas impliqués dans le déclenchement des attaques. En revanche la taille (les petits plus que les grands), le nombre (les individus isolés plus que les groupes) et la vitesse de déplacement (les rapides plus que les lents) ont une influence sur l’intensité des attaques.

La plupart des pies se spécialisent sur un type d’intrus (piéton, cycliste ou postier) ( cf. plus haut).

Une expérience consistant à traverser le territoire de pies non agressives, en passant au pied du nid, faisant le tour de l’arbre en regardant le nid, le tout répété 10 fois a majoritairement provoqué un comportement agressif des propriétaires, mais dirigé seulement contre la personne qui avait visité le nid : aucun autre humain n’était attaqué…

 

La perception humaine est importante

Population consultée pour éviter d’être à côté de la plaque ( p. ex. tuer les pies)

 

Déménagement des pies

(cf. plus haut)

Déménagement des mâles agressifs de plus de 30km presque toujours efficace.

Le mâle retiré est presque aussitôt remplacé par un autre mâle, presque jamais agressif, qui prend aussitôt en charge les poussins.

Le sort de 80% des déménagés est inconnu

 

 

 

 

16:30 Écrit par Fr dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/01/2008

Le jeu chez les corneilles

Traduction , j'espère fidèle, d'un extrait d'un livre passionnant :

 

In the company of CROWS and RAVENS

J.M.Marzluff and T.Angell.(2005)Yale University Press. New Haven and London

(p172-175)

 

« Les corneilles jouent.Autrefois considéré comme réservé aux humains,le jeu a été trouvé de plus en plus chez les animaux, spécialement chez les animaux sociaux à longue vie comme les corneilles.On a vu de jeunes Corneilles américaines attraper du papier avec le bec, bondir vers le ciel, lacher le papier et se jeter dessus de nouveau.Notre éditrice Jean Thomson Black se souvient précisément d'une corneille de son jardin du Connecticut attrapant un jouet d'enfant en mousse et jouant à le secouer de son bec comme pour lui faire signe de la rejoindre pour un jeu de "tir à la corde". Des troupes de corneilles et de corbeaux planent les jours venteux des heures de suite, apparemment pour jouer.Ils utilisent la poussée du vent et montent faire des loopings, des tonneaux et des piqués. Ernest Good a observé des corneilles américaines plusieurs fois remonter au vent avec un effort considérable pendant 30secondes au moins et soudain se retourner pour prendre le vent et foncer au travers de la campagne. Sur les collines enneigées du Maine, le Grand corbeau joue avec des batons, des os ou d'autres objets. Mais surtout, ce qui frappe est son goût pour le "body-surf" sur la neige.  Nous les avons vu glisser le long d'une pente sur leur ventre uniquement pour se relever, revenir d'un saut en haut et recommencer...

Corneille mantelée sur bateau Istanbul red
 

Je t'emmène traverser le Bosphore sur mon bateau ? 

 

Lawrence Kilham a observé plusieurs cas de jeu apparent parmi des jeunes Corneilles d'Amérique en Floride. Il en a vu s'accrocher tête en bas à de la mousse et se balancer ,d'autres s'engager couramment dans des défis pour s'approprier des objets inanimés, branches  ou plantes, parfois emporter une brindille en l'air pour la lâcher et la rattraper avant d'atteindre le sol ou plusieurs fois faire rouler un crâne d'oppossum en bas d'une souche. Kilham a aussi observé des activités de type ludique entre des corneilles et d'autres animaux. Un thème constant de ces interactions était la danse : les corneilles apparemment imitaient la danse nuptiale des grues ou sautaient au-dessus d'animaux tels que des veaux ou des vautours. McCaw, le Grand corbeau apprivoisé de Tony Angell, a l'habitude de poursuivre son chien Husky. Cette sorte de jeu, surtout chez les jeunes corneilles, peut aiguiser la coordination qui sera plus tard nécessaire pour attraper une proie qui s'échappe, faciliter le développement de techniques sociales, leur faire connaitre leur environnement ou simplement satisfaire leur esprit curieux.    

Comme les corneilles interagissent avec les gens de plus en plus, elles commencent à jouer avec certains de nos propres jouets. Les Corneilles noires et Corbeaux de Levaillant (Jungle Crow-Corvus levaillanti) volent et jouent avec des balles de baseball, tennis et de golf. Le plus souvent ce jeu est rudimentaire et limité à quelques individus. On a toujours pensé que ces corneilles confondaient ces balles avec des oeufs ou des noix, mais une observation détaillée de Reiko Kurosawa, un spécialiste japonais des corvidés, suggère autre chose. Kurosawa était sur les courts du tennis de Tana City le 25 novembre 1993, en compagnie d'une trentaine de Corbeaux de Levaillant, quand deux d'entre eux s'approchèrent d'un des filets et se placèrent face à face. Un troisième oiseau arriva en vol, transportant une balle de tennis et la lança dans le filet. Au rebond de la balle hors du filet, les autres corbeaux l'ont regardée rouler. Kurosawa a aussi observé un autre corbeau faire rebondir une balle en caoutchouc sur un filet de baseball .

Que faisaient ces corbeaux en jouant à la balle ? Essayaient-ils juste d'ouvrir une nouvelle sorte de "noix" ou d' "oeuf" ?  Ou bien, est-il possible qu'ils imitaient le jeu humain? Kurosawa le suggère ...Si elle a raison, on peut s'attendre à voir se développer ce jeu dans le sens d'une activité plus interactive, plus sociale avec des corbeaux jouant à se passer la balle entre elles. Mais si les balles sont juste des "noix solides", on doit s'attendre à les voir les laisser tomber de plus haut sur des surfaces solides ou les placer devant les voitures pour les faire écraser. Le fait que les balles soient lancées contre des filets mous suggère qu'ils jouent vraiment et ne sont pas à la recherche de nourriture.Les implications de cette simple déduction sont étourdissantes; le jeu de balle est un début primitif de transmission culturelle interspécifique. Le comportement de quelques corbeaux a pu se diversifier en incluant le jeu de balle venu des humains. Si le jeu de balle se répand chez les corbeaux, nous pourrons conclure que la culture des corbeaux a adopté un aspect de la culture humaine. »

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09/09/2007

L’impact des prédateurs sur l’avifaune urbaine

On disait, pour expliquer les densités record qu’on trouvait dans l’avifaune urbaine, que c’était entre autres une conséquence de la quasi absence de prédateurs. Quand on a vu arriver les corvidés et même les rapaces (épervier, voire autour !), on s’est demandé si cela n’allait pas faire diminuer certaines espèces-proies. Dans sa thèse (cf. le post précédent), F.Chiron montre que les pies ne semblent pas avoir d’impact majeur sur les populations de passereaux des parcs de Seine St Denis. Tomialojc est d’un avis très différent, à partir de l’exemple du Pigeon ramier en Pologne.

 

A long-term study of changing predation impact on breeding woodpigeons

 L.Tomialojc (1999) in D.P.Cownd et C.J.Feare (eds.) Advances in vertebrate pest management. Filander Verlag , Fürth . 

Tomialojc utilise pour sa démonstration une « expérience naturelle » : le suivi de 2 populations de Pigeon ramier pendant 25 à 30 ans, l’une (à Legnica) qui n’a jamais connu de prédateurs, l’autre (à Wroclaw) qui a vu l’installation de corneilles mantelées. La forêt de Bielowieza (forêt « primitive ») sert de témoin naturel avec des prédateurs.

En 1970, une étude d’un parc urbain à Wroclaw a montré une production moyenne de 3 jeunes /couple/an (similaire aux résultats de Legnica à la même époque), un taux de réussite des nids de 60% et une densité de 71c/10ha . En 1972 arrivent les premières corneilles. Depuis 20 ans, 4 à 5 couples nichent dans ce parc de 7 ha. Les effectifs de ramiers ont été divisés par neuf en 25 ans. Le taux de réussite des couvées est tombé à 6% environ. Les couvées précoces (avril-juin) qui réussissaient autant que les tardives (juillet-août) en 1970, réussissent 3 à 4 fois moins dans les années 90.

Ramier red

A Legnica, depuis 1970, les effectifs ont plus que doublé entre les années 60 et les années 90, l’augmentation ayant eu lieu en particulier après la destruction des nids de petits corvidés (pies, geai, freux). Aucune corneille ne s’y est établie.

Les effectifs en forêt de Bielowieza sont restés stables (autour de 1c./10ha) pendant cette période, avec un taux d’échec des nichées de 97% pour la première couvée.

Tomialojc distingue 2 types de prédateurs du Pigeon ramier : les prédateurs de nids principaux, capables de tuer un adulte sur son nid (Corneille, Martre, Autour, Hulotte, etc.) et les prédateurs de nids additionnels, capables de prendre les œufs ou les jeunes en cas d’absence des parents (rats, pie, geai, écureuil, etc.). Ce sont les prédateurs principaux qui sont supposés avoir un impact sur la population de pigeons. Tomialocj déduit de cette étude que ce n’est pas la disponibilité de la nourriture qui expliquait la densité des oiseaux urbains mais l’absence de prédateurs.  

Pour expliquer des résultats différents trouvés aux Pays-Bas (une bonne densité de pigeons malgré la présence de prédateurs), Tomialojc propose de considérer le statut des populations vis à vis de la migration : les pigeons polonais sont migrateurs et ne peuvent pas se reproduire très tard dans l’année alors qu’aux Pays-Bas, ils sont sédentaires et se reproduisent jusqu’en septembre ( voire octobre à Paris, commentaire perso.). La nidification tardive serait donc une adaptation à la présence des prédateurs , les nids étant mieux cachés quand les feuilles ont poussé.

 

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20/08/2007

La Pie dans les parcs urbains de Seine St Denis

Dynamiques spatiale et démographique de la pie bavarde Pica pica en France : implications pour la gestion.

F.Chiron 2007 Thèse Muséum d’Histoire Naturelle de Paris

 

Il n’est pas question de résumer ici un document de 300 pages, mais de signaler un certain nombre de points qui peuvent avoir un rapport immédiat avec le thème de ce blog.

 

Il est intéressant de signaler d’abord que cette thèse répond à une demande du Conseil Général de Seine St Denis (SSD) qui pensait que les pies étaient devenues trop nombreuses et qu’elles décimaient les jeunes oiseaux d’eau des parcs du département. Une première campagne de piégeage massif des pies s’était révélée inefficace et le département a demandé au Museum d’étudier la question.

En plus de ses relevés dans 4 grands parcs de SSD (surtout la Courneuve et le Sausset), F.Chiron a utilisé les résultats (nationaux et régionaux ) du STOC et ceux d’une enquête effectuée sur l’ensemble des espaces verts du département.

Données générales

La Pie est un oiseau en extension dans l’ensemble de l’Europe, sauf en France et en Russie. En France elle augmente en milieu urbain mais baisse de manière spectaculaire en milieux non urbains (« naturels » et agricoles).

La Pie se nourrit surtout d’invertébrés (1,6% des proies sont des vertébrés) et de déchets divers.. Territoires de 4-5 ha en milieu non-urbain, mais 1-2ha dans les parcs urbains de SSD où une densité de 1,3 ind/ha a été mesurée.

[Rq : la date moyenne de ponte  a avancé de 29 jours au R-Uni entre 1966 et 2003 ! ]

 

Pie Londres fev07

Dynamique des populations de Pie en SSD et en milieu urbain

La Pie s’installe d’autant plus facilement que le milieu est plus urbanisé, surtout si l’urbanisation est récente. Les parcs de SSD ont connu une augmentation exceptionnelle des effectifs de pies de 58% entre 2001 et 2003 (contre 28% pour l’ensemble de la Région Parisienne), sans doute suite à un arrêt du piégeage des années précédentes.

La réussite des nids est meilleure en milieu urbain, donc, même s’il n’y a pas plus d’œuf par nid, il y a plus de jeunes à l’envol en moyenne . La date de ponte est plus précoce en milieu urbain. La proportion d’immatures est inférieure en milieu urbain, ce qui laisse penser à une meilleure survie des adultes.

Une meilleure fécondité et une meilleure survie, cela pousse à penser que l’augmentation des pies en milieu urbain est due à des facteurs démographiques locaux plutôt qu’à une immigration (mais il aurait fallu mesurer les mouvements campagne-ville pour être affirmatif).

Ecologie des populations de Pie

- la croissance des effectifs de pies entre 2001 et 2003 a été plus forte dans les parcs urbains avec une végétation herbacée riche et abondante et la taille des territoires est plus petite quand l’apport de nourriture par l’Homme augmente.

-compétition avec la Corneille : même si la corneille peut prédater les nids de pies et rentrer en competition pour certaines ressources avec la pie (alimentaires notamment), à une plus large échelle la croissance ou le déclin des pies ne serait pas lié à cette autre espèce de corvidés : l’évitement entre les 2 espèces est plus dû à des exigences écologiques différentes.

-nombre de poussins négativement corrélé à la densité des autres couples de pie autour du nid : il y aurait une compétition (ou prédation ?) intra-spécifique.

Pies Courneuve

     Groupe de jeunes Pies au parc de la Courneuve 

Gestion des populations de pies et des autres espèces d’oiseaux

-pour étudier la prédation de la pie sur les passereaux, un retrait experimental de pies a été réalisé dans les parcs urbains (pies capturées et relachées en bonne santé loin en dehors de la zone d'étude pour éviter une recolonisation immédiate).  Ce retrait a provoqué la baisse des effectifs de 58% (mais il a fallu retirer 93 pies dans une zone où il y avait 31 couples ! ).

-le retrait n'a permis l'augmentation du nombre de jeunes que pour une espèce étudiée; la mésange bleue. Ceci est très surprenant car la mésange niche en cavité, donc à l'abri de la prédation par la pie. Par ailleurs, les espèces sensibles à la prédation par la pie (nichant dans des nids ouverts) n'ont pas produit plus de jeunes après le retrait des pies.

-comment expliquer alors ces variations? le retrait des pies aurait tout simplement créé un espèce libre de prédateurs, auquel est sensible la mésange qui aurait profité de cet espace libre.

-autre indice d'un effet limité de la pie sur les passereaux : en SSD, il n'y a pas de différence de proportion des juvéniles entre les milieux urbains - où il y a beaucoup de pies - et les milieux non-urbains - où il y en a peu

-la prédation sur les nids d’oiseaux d’eau est surtout due aux mammifères (rats en particulier) plus qu’aux corvidés (15-25% des cas de prédations).

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