29/12/2009

Encore les chats et les oiseaux urbains...

J'ai déjà résumé d'autres articles sur le sujet, ils sont lisibles à l'adresse : http://lesoiseauxenville-biblio.skynetblogs.be/post/52888...

Il s'agit cette fois-ci de chats néo-zélandais

Do domestic cats impose an unsustainable harvest on urban bird populations?
Yolanda van Heezik , Amber Smyth, Amy Adams, Joanna Gordon

Biological Conservation 143 (2010) 121–130


L'un des problèmes pour estimer l'impact des chats sur les oiseaux est de savoir si les proies sont des oiseaux qui seraient morts de toute façon (mortalité compensatoire) ou non (mortalité additive). De plus , l'extrapolation de chiffres de capture obtenus sur des lieux particulier à l'échelle d'une région ou d'un pays est irréaliste en raison de la différence de conditions de vie et de milieux pour les chats et les proies.

L'impact des chats domestiques sur le maintien des populations d'oiseaux autochtones ou exotiques a été estimé en mesurant des taux de capture par milieu et des données sur la possession de chat et leur activité. Les domaines d'activité de 32 chats déterminés par GPS et des indices de selection des proies ont montré le degré de préférence et de pénétration des fragments de végétation autochtone.Les propriétaires de chats de Dunedin (NZ)ont donné des renseignements sur l'apport de proies par 144 chats en 12 mois.
Un tiers des chats n'a jamais rapporté de proie et 21% en ont rapporté plus d' une par mois. Les chats ont rapporté en moyenne 13,4 proies/an (médiane = 4) et les chats de moins d'un an rapportant plus de proies que les plus âgés. Les oiseaux étaient les proies les plus communes (37%), suivis par les rongeurs, 34,3% [dans les autres pays, ce sont les rongeurs les premiers mais il n'y a pas de rongeurs autochtones en NZ]. Les oiseaux exotiques (merle, moineau, grive musicienne et étourneau très principalement) ont été significativement plus capturés dans les zones à petits jardins que dans celles avec parcs arborés.Bien que les chats pénétrent dans les fragments de végétation spontanée adjacents plus riches en faune autochtone, ils ne capturent pas plus d'oiseaux et préférent les jardins, ce qui suggère que la pression de prédation pourrait être réduite dans ces fragments.
Le territoire des chats semble être limité par la densité de leurs congénères alors que le nombre d'oiseaux capturés dépend de la densité des proies disponibles. Les estimations à l'échelle de la ville des captures pour 6 espèces d'oiseaux étaient soient supérieures aux estimations de la population totale de ces espèces soit proches de la limite inférieure de l'intervalle de confiance. La modelisation de 3 espèces montre la faible probabilité du maintien de la population en présence de chats. Le maintien observé de ces espèces suggère une structure de meta-population avec des populations urbaines fonctionnant comme des "puits" avec des populations "source" situées aux limites de la ville.

03/12/2007

Les chats domestiques et les oiseaux...

 Impact of predation by domestic cats Felis catus in an urban area

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Philip J. Baker, Amy J. Bentley, Rachel J. Ansell and Stephen HarrisMammal Review 2005, Volume 35, No. 3&4, 302–312. 

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Au Royaume-Uni, on estime la population féline à 8 millions d’animaux domestiques et 800 000 féraux.. Une étude , Woods, McDonald & Harris (2003), estimait à 52-63 M de mammifères, 25-29 M d’oiseaux et 6 M de reptiles et batraciens le nombre d’animaux capturés en 5 mois en Grande-Bretagne. Cette  prédation  est-elle additive ou se substitue-t-elle aux autres causes de mortalité ?Un questionnaire distribué à tous les habitants (36% de réponses) d’une zone de 4,2 km2 au NW de Bristol, zone majoritairement résidentielle mais assez variée. En plus de questions sur leurs chats, il leur a été demandé de tenir un journal des proies ramenées et de les garder pour identification..Il a été estimé d’après d’autres études que les chats rapportaient 1 proie sur 3,3.Les densités et les productivités des espèces-proies ont été estimées d’après des données bibliographiques et les caractéristiques écologiques de la zone étudiées, sauf les oiseaux dont les résultats d’une étude sur la région de Bristol ont été utilisés.Résultats : il y aurait 229 chats/km2 (28 chats/100 foyers). Le nombre de proies (2/3 de mulot sylvestre) rapportées est de1300-1500/km2 par saison, sauf en hiver « seulement » 700/km2. Au printemps, les oiseaux sont plus nombreux que les mammifères. Taux de prédations estimées :360 moineaux, 290 rougegorge, 170 accenteurs et 170 mes.bleues/km2/an). Cela donne 4900 /km2/an, même si entre la moitié et les ¾ des chats ne rapportent rien.Cela représenterait au moins 45% de la somme (densité avant reproduction + productivité) pour le moineau , l’accenteur et le rougegorge.Remarque personnelle : ces chiffres semblent énormes (et ce ne sont que les estimations minimum, les estimations moyennes sont 65% !) mais d’autres études donnaient des chiffres beaucoup plus faibles : au Royaume-Uni aussi, Churcher P.B. and Lawton J.H. (1987) [Predation by domestic cats in an English village   J. of Zoology 212: 439-455 ] donnent 30% de la mortalité des moineaux due aux chats.