28/08/2010

Les Moineaux urbains ne se déplacent pas assez....

Constraints on home range behaviour affect nutritional condition in urban house sparrows (Passer domesticus)

 

CARL VANGESTEL, BART P. BRAECKMAN, HANS MATHEVE and LUC LENS

 

Biological Journal of the Linnean Society, 2010, 101, 41–50.

 

Dans les paysages dominés par l'Homme, les habitats (semi-)naturels sont inclus dans un réseau d'habitats inadéquats. Dans de telles conditions, les caractéristiques de l'habitat et la taille de grain du paysage environnant peut affecter la quantité et le coût de la nourriture disponible pour des espèces sédentaires au domaine vital peu plastique. Très sédentaire, le Moineau domestique, longtemps supposé être favorisé par le milieu urbain, n'a peut-être pas les ressources comportementales pour s'adapter aux changements dans la répartition des ressources-clés en milieu urbain.

METHODE

 Ici nous combinons le radio-tracking ( octobre-décembre, sur 26 f/23m), la ptilochronologie (étude des barres de croissance de plumes, plus étroites elles signifient un mauvais état général, effectuée sur d'autres individus des mêmes zones que les oiseaux radio-trackés) et l'analyse du paysage pour tester comment l'état nutritionnel des moineaux varie avec la taille du domaine vital. L’étude a porté sur 13 populations de Moineau domestique le long d'un gradient urbain en Belgique, autour de Gand (par définition : <10% de zones construites : rural; 10-30% : suburbain et >30% : urbain). Terrain d’étude : 4 stations de 50ha en milieu rural, 5 en suburbain et 4 en urbain.

RESULTATS

74,8% des contacts de radio-tracking correspondaient à des zones de haies et de "buissons denses" contre 2,6% en "parc urbain" et gazon.

Les domaines vitaux ne diffèrent pas entre les diverses stations rurales ni suburbaines mais varient entre les stations urbaines. Les mâles ont un plus grand "noyau central" que les femelles en ville alors qu'il n'y a pas de différence dans les 2 autres zones .

 Les individus urbains occupaient de plus petits domaines vitaux que leur conspécifiques ruraux, différences plus nettes quand les couverts-clés ( haies, buissons) sont hautement dispersés. Dans les stations urbaines, la connectivité des « taches », les tailles des domaines vitaux et les zones d'activité étaient positivement corrélées, ce qui indique que le comportement individuel de parcours était corrélé à la distribution spatiale de l'habitat utilisable (de plus la taille moyenne des groupes de moineau est plus faible en milieu urbain qu'en milieu suburbain-données non publiées). Les moineaux urbains montrent aussi les plus petites barres de croissance, qui étaient positivement corrélées à la taille du domaine vital au niveau des stations. Au contraire, les largeurs de barres de croissance et la taille des domaines vitaux étaient négativement corrélées dans les populations rurales, alors qu'en milieu suburbain, les 2 variables variaient indépendamment.

DISCUSSION

Nous en concluons que les individus de zones progressivement plus construites montrent une capacité réduite d'ajuster leur comportement journalier de parcours à la distribution dispersée de ressources-clés. Les moineaux en ville quand le milieu devient défavorable est incapable d’agrandir son domaine vital en franchissant les zones « hostiles » donc se nourrit mal, d’où la corrélation positive entre taille de domaine et état nutritionnelle. En milieu rural au contraire, les oiseaux se nourrissent suffisamment, en parcourant un grand domaine si le milieu est pauvre et plus petit si le milieu est favorable, ce qui est plus économique, d’où la corrélation négative.

 Cela peut compléter d'autres causes supposées du déclin généralisé des populations urbaines de moineaux.

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02/05/2010

Le Moineau friquet en déclin au Japon

The decline in population of the Tree Sparrow Passer montanus in Japan.

Osamu K. Mikami     

Japanese Journal of Ornithology(2009) 58:161-170

 

Traduction du japonais à l’anglais : Fumio Taguchi

 Friquet badge japonais red

Badge japonais pour la campagne de protection du Moineau friquet

.............................................................................................................................

Pour compléter des témoignages subjectifs laissant penser à une chute dramatique des effectifs de Moineau friquet au Japon, l’auteur a collecté les travaux scientifiques sur la question.[Rappelons que le Moineau friquet remplace le Moineau domestique dans les villes du sud-est asiatique Nd.T]

Données

Trois études signalent des chutes durant les années 90 ou avant dans les préfectures d’Akita, d’Okinawa et de Nara (mais sans données quantitatives).

Graphique friquet japonais 2

Un suivi des effectifs entre 1963 et 1998 à Tokyo (Uchida et al., 2003) montre une chute catastrophique (de 150 à 10-20 par comptage)




A Hokkaido, Fujimaki and Ichikita (2007) ont comparé 17 transects urbains effectués avant 2004 (en général pendant la 2ème moitié des années 1990) aux mêmes effectués en 2006. 14 ont chuté, deux ont augmenté et un seul est resté constant. Les auteurs estiment la chute à 50% entre les 2 périodes.

Un suivi des espèces d’oiseaux par le Ministère de l’Environnement permet de comparer la nidification de l’espèce par maille de 20 km. Entre 1974-78 et 1997-2002, le nombre de carrés où la nidification est certaine est passé de 545 à 398 (666 à 543 si on y ajoute les nidifications possibles). L’auteur considère que la taille des mailles sous-estime énormément le déclin.

Graphique friquet japonais 3

Le suivi des dégâts au riz (surface touchée ou production endommagée) montre aussi un déclin très net (-85%), surtout après 1998, qui ne s’explique pas seulement par la baisse des surfaces emblavées en riz (-20%)


....................................................Le nombre de Friquets capturés, pour protéger les cultures ou pour d’autres raisons dont la consommation, a aussi beaucoup baissé (-90% en 28 ans), ce qui ne s’explique pas seulement par la baisse du nombre de chasseurs (-50%).

Graphique friquet japonais 4

Discussion

- le nombre de Moineaux a-t-il réellement baissé ?

En plus des données qualitatives, les données quantitatives dans 2 régions différentes ( Tokyo et Hokkaïdo) ont montré une baisse des effectifs. De même les mesures indirectes ( dégâts et nombre d’individus tués) confirment le déclin.

- de quelle importance est le déclin ?

L’auteur considère que les effectifs actuels correspondent à 20 à 50% de ceux des années 1990 et 10% de ceux des années 1960.

La surface de cultures endommagées est passée de 52 à 7,3 milliers d’hectares entre 1990 et 2007, soit un déclin de  86% en 17 ans si seule est en cause le déclin du Moineau friquet ou 82% si d’autres causes interviennent. Pendant le même temps, la quantité de récoltes endommagées tombe de 18,4 à 1,7 milliers de tonnes, soit un déclin de 90% de déclin (ou 87% si une partie de la diminution vient de la réduction des surfaces cultivées en riz - chiffres révisés à - 81% et -77% si on considère que les chiffres de 1990 étaient exceptionnellement élevés).

Le nombre d’individus éliminés est passé de 1,2 millions en 1991 à 180 000 en 2005 soit un déclin de 85% en 14 ans ( ou 79% en tenant compte de la baisse du nombre de chasseurs).

Il est possible que ces chiffres soient surestimés : si on suppose que la protection des cultures ont vu son efficacité multipliée par trois et le nombre de chasseurs divisé par 3, il reste quand même une chute de 50 % de la population.

Pour la baisse entre 1960 et 1990, on peut remarquer que les chiffres sont rares mais la baisse doit exister, ne serait ce qu’en considérant le nombre de moineaux tués en 1982, 17 fois plus fort qu’en 2005.

- quelles sont les causes du déclin ?

L’impact de la chasse n’est pas déterminant car, si on considère que les effectifs seraient constants sans chasse, il faudrait que les chasseurs éliminent 10% de la population de moineaux chaque année, ce qui est invraisemblable.

Il y a donc un déclin « naturel » de la population (si on considère que la chasse élimine 1% des moineaux, le déclin « naturel » serait de 10% par an).

La maladie a été évoquée à Sapporo ( Kurozawa et al. 2006), mais il s’agissait d’un évènement brutal et on parle ici d’un déclin constant.

On cite la réduction des surfaces cultivées en riz et du nombre des cavités pour nicher, mais aussi l’augmentation du nombre de prédateurs (corvidés et rapaces) et la réduction des grains disponibles par l’automatisation des moyens de culture.

Comme en Europe, il est possible que les causes soient multiples.

-Le déclin met-il en péril l’espèce ?

Il existe encore des dizaines de millions de moineaux friquets au Japon. Cependant rien n’indique que la chute ait cessé et on n’en connait toujours pas les causes.

Il y a des exemples d’espèces qui ont connu des chutes brutales, spécialement à cause de l’effet Allee ( effet de seuil en dessous duquel une population s’effondre spontanément).

De plus, s’il est vrai que la chute a été de 90% en 20 ans, elle rentre dans les critères de la Liste rouge de l’UICN

-que peut-on faire ?

+ effectuer un suivi des populations de Moineaux friquet

+ évaluer sérieusement les dégâts et avantages de l’espèce sur les cultures, pour réévaluer les politiques d’élimination des moineaux

+ s’intéresser à d’autres espèces qui ne sont actuellement pas ou peu suivies et qui risquent de suivre la même voie que le friquet.

14:54 Écrit par Fr dans moineaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/12/2009

Le Moineau recule-t-il face à l'épervier ?

THE ROLE OF THE EURASIAN SPARROWHAWK (ACCIPITER NISUS) IN THE DECLINE OF THE HOUSE SPARROW (PASSER DOMESTICUS) IN BRITAIN

 

Christopher P. Bell, Sam W. Baker, Nigel G. Parkes, M. De L. Brooke And Dan E. Chamberlain.

The Auk   Posted online on 4 Nov 2009.  http://caliber.ucpress.net/toc/auk/0/ja

 

Le lien entre l'épervier et le déclin du moineau a déjà été étudié et il a été généralement admis que ce rôle était négligeable.

Epervier J_Lejeune fev09 red

Photo prise das le quartier du Marais en fev 09 par J.Lejeune

Cette étude reprend les données de comptages aux mangeoires des jardins (GFBS) menés par le BTO depuis 1970. L'innovation a consisté à différencier 4 zones selon le statut de l'épervier au début des années 1970, au plus creux du reflux de l'espèce causé par les insecticides organochlorés : le nord et l'ouest de la G-Bretagne, plus riches en élevage, a servi de refuge à l'épervier alors que l'est de l'Angleterre , très agricole, avait gardé très peu d'épervier. Depuis l'interdiction de ces produits l'Epervier a reconquis ces zones à partir du nord et de l'ouest.

Si on différencie ces 4 zones et le milieu rural du milieu urbain, on voit que le modèle qui tient compte de l'installation continue de l'épervier dans un secteur est le modèle prédictif des variations d'effectifs de moineaux qui rend le mieux compte du calendrier du déclin du moineau, avec en particulier le décalage entre les régions (l'Est de l'Angleterre a connu les plus grosses baisses du moineau) et entre le milieu rural et le milieu urbain (le déclin y a été plus tardif que dans le milieu rural).

L'impact est maximum quand l'épervier vient de s'établir comme nicheur dans un secteur. L'idée est que l'absence de prédateur a pu sélectionner des comportements moins précautionneux chez les moineaux. Les villes représentaient avant une île sans prédateur pour les passereaux. Cela rejoint la théorie du "Blitzkrieg" utilisée pour illustrer l'impact de l'introduction d'un prédateur dans une île. 

 On retrouve de semblables ré-installations de prédateurs après une chute due aux organochlorés dans d'autres pays où le moineau est aussi en déclin (Faucon émerillon et Epervier brun Accipiter striatus  en Amérique du N, Epervier à collier roux Accipiter cirrhocephalus en Australie) .

Il s’agit donc une explication simple ("parcimonieuse") du déclin du Moineau en GB, et suffisante car l'analyse a montré qu'il n'y avait pas de chute du moineau là où il n'y avait pas de présence constante d'épervier. Cela permettrait aussi d'expliquer le maintien du moineau à Paris et à Berlin où il n'y a pas une forte densité d'épervier et où il serait intéressant de suivre l'évolution des populations des deux espèces.

 

Pour savoir ce que j’en pense, retourner au blog principal en cliquant dans la colonne de gauche

19:33 Écrit par Fr dans moineaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

18/05/2009

Chez le Moineau, l'union fait...l'intelligence !

Larger groups are more successful in innovative problem solving in house sparrows
András Liker,1 and Veronika Bókony
PNAS (Proceedings of the National Academy of Science of the USA) May 12, 2009 vol. 106 no. 19 7893-7898

Moineau groupe Villette red

Un avantage jusque là négligé de la vie en groupe (en plus d'éviter les prédateurs et d'augmenter l'efficacité de la recherche de nourriture) est de mieux se débrouiller dans les situations inhabituelles grâce à l'invention plus rapide de nouvelles solutions par certains membres du groupe.

 L'hypothèse a été testée expérimentalement en proposant un mode inhabituel d'ouverture d'un nourrissoire à des moineaux en petits ou grands groupes (2 et 6 ind). La taille du groupe a un effet spectaculaire : les grands groupes ont réussi 4 fois plus et 11 fois plus vite que les petits groupes, permettant un accès à la nourriture à tous les membres du groupe 7 fois plus rapide en moyenne. Indépendamment de la taille, les moineaux urbains ont mieux réussi que les ruraux.

Le succès nettement plus important des grands groupes n'est pas une simple conséquence du plus grand nombre de tentatives, mais est lié aussi à une plus grande efficacité pour résoudre le problème (3 fois plus d'oiseaux qui réussissent).
L'analyse du comportement des oiseaux montre que ce dernier point n'est pas lié à un moins grand investissement dans la surveillance des prédateurs ni à une moins grande "néophobie" (peur du nouveau....inquiétude créée par l'apparition d'un objet nouveau) dans les grands groupes. Les grands groupes peuvent contenir plus individus aux compétences ou expériences différentes, ce qui peut augmenter les chances de résoudre les problèmes par certains membres du groupe.

La rapidité à résoudre un problème peut augmenter l'intérêt des grands groupes et peut  aider l'espèce à s'adapter aux situations nouvelles dans des milieux aux changements rapides.

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30/11/2008

Le Moineau en Europe : déclin là...maintien ailleurs !

The status of the urban house sparrow Passer domesticus

in north-western Europe: a review

J. De Laet et J. D. Summers-Smith

J Ornithol (2007) 148 (Suppl 2):275–278

 

La population du Moineau domestique (comme de nombreux granivores) au RU a connu une baisse en milieu rural dans la 2ème moitié du 20ème siècle, stabilisée maintenant. La cause en est le changement de pratiques agricoles .

En milieu urbain, un premier déclin a suivi la disparition du cheval en ville autour de 1920. Vers la fin du siècle, on a noté une chute dramatique des effectifs de moineau dans de nombreuses villes européennes, baisse qui ne s’est pas stabilisée.  C’est ce qui a été trouvé à Londres, Glasgow, Edimbourg, Dublin, Hambourg, Gand, Anvers, Bruxelles. Cependant rien de semblable n’est noté à Manchester, Berlin et Paris (là ils s’avançaient un peu….). De plus pendant que la population globale de Moineau diminuait en Angleterre, elle augmentait au Pays de Galles et en Ecosse (BBS 1994-2000).

 Les explications proposées sont nombreuses et variées et la  (les) cause(s) n’est (ne sont) toujours pas identifiée(s).

 

Moineau seul red
 >>>>>>>Et s'il n'en reste qu'un.....

 

The House Sparrow Passer domesticus in urban areas: reviewing a possible link between post-decline distribution and human socioeconomic status

Lorna M. Shaw,Dan Chamberlain et Matthew Evans

J Ornithol (2008) 149:293–299

 

Cet article passe en revue les changements démographiques du Moineau depuis les années 1970 et suggère que la situation actuelle peut être liée aux changements dans les habitats urbains : le moineau apparaît plus répandu dans les quartiers à statut socio-économique relativement bas.

Après un résumé des principales données sur le déclin du moineau en Europe, l’article rappelle que les données connues mettent en évidence la relative séparation des populations rurales et urbaines, ce qui réfuterait l’hypothèse de la baisse urbaine par diminution des apports ruraux. Il insiste aussi sur le fait que les données prouvant une meilleure réussite de la reproduction en milieu urbain/suburbain sont entachées du fait qu’elles concernent le succès par tentative de nidification et non par saison : s’il y a moins de tentatives par saison, le bilan global de la reproduction n’est pas aussi favorable…

Il présente des éléments qui suggèrent que le moineau a surtout disparu des quartiers riches et que ces zones sont susceptibles d’avoir subi des changements d’habitats : des études faisant le lien entre niveau social et densité de moineaux ont été faites à Bristol, Berlin et Paris (ça, c’est mon poster à l’ICO….)

Il propose également des explications possibles au lien entre modifications du milieu et déclin du Moineau, en particulier par le succès de reproduction, le nourrissage et le risque de prédation (ce n’est pas tellement qu’il y a plus de chats, mais qu’avec les modifications du milieu les moineaux soient plus sensibles à la prédation).

 Moineau Cité Sciences red

 Une troupe avide de science ?

 

 

DISTRIBUTION, ABUNDANCE AND DYNAMICS OF THE HOUSE SPARROW (Passer domesticus) IN BERLIN

Jörg BÖHNER, Klaus WITT

International Studies on Sparrows 32 (2007) 14-32

 

Ce papier résume les connaissances sur la distribution, l’abondance et la dynamique du Moineau à Berlin (attention …..au sens  « Land de Berlin » : 892 km²…Paris intra-muros fait 87km² !) .

L’espèce est présente sur 88% des carrés des atlas, les absences étant limitées aux forêts et zones agricoles. Les plus fortes densités se trouvent dans les zones densément construites, surtout les zones d’immeubles, neufs ou anciens (47c et 40 c/10ha en 2001) . Il en est de même en hiver. Le record fut cependant trouvé au Parc Zoologique avec 220c/10ha !….

La population berlinoise est estimée à 135 000 couples en 2001 (16c/10ha) et 119 000 en 2006,ce qui est considéré comme une fluctuation normale et non une baisse (ce qui est confirmé par les comptages hivernaux effectués depuis 1993). La densité globale de 16c/10ha est supérieure aux valeurs trouvées dans les villes européennes (sauf Varsovie avant le déclin de sa population….)

Les raisons de cette différence entre Berlin et les autres villes européennes ne sont pas claires.

Rq : au cours des comptages en mars-avril, le sex-ratio observé fut de 63% de mâles, ce qui amena à corriger les résultats en les augmentant d’un quart environ.

11:11 Écrit par Fr dans moineaux | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/07/2007

Le moineau victime des portables ?

Le moineau est en baisse importante dans de nombreuses villes européennes (Londres, Amsterdam, Hambourg, etc. Pour Paris, on ne sait pas encore, l'étude est en cours). La question des causes de ce déclin agite toujours les ornithologues et la liste des possibilités est longue. Une des dernières propositions est l'intensité des radiations émises par les antennes de téléphonie mobile. Ma seule rétirence tient en deux questions : pourquoi le moineau et pas les autres espèces ? pourquoi pas dans toutes les villes ?....A suivre !

Moineau Halle red
 

A Possible Effect of Electromagnetic Radiation from Mobile Phone Base Stations on the Number
of Breeding House Sparrows (Passer domesticus)
JORIS EVERAERT AND DIRK BAUWENS
Electromagnetic Biology and Medicine, 26: 63–72, 2007

 

Les auteurs ont pris, au printemps 2006, 150 points répartis dans 6 zones résidentielles, autour de Gand (Belgique) pour étudier les variations à petite échelle des effectifs des moineaux mâles et de la puissance du rayonnement électromagnétique issu des stations de base de téléphonie mobile. La variation du nombre de moineau est fortement et significativement corrélée négativement à la puissance des champs électriques, pour les bandes de fréquence de 900 Mhz et de 1800 Mhz ainsi qu'une interaction entre les 2 types de radiations. La relation négative est très semblable dans les 6 zones d'étude, malgré les différences entre les stations, aussi bien pour les effectifs de moineau que pour les intensités de rayonnement. De plus, il a été vérifié que ce n'est pas la distance aux antennes qui joue, mais bien le rayonnement, qui varie aussi en fonction de réflexion ou d'effet d'ombre de la part des bâtiments ou de la végétation.
Le lien de causalité n'a pas été démontré, mais la similarité de la relation dans les 6 zones laisse penser qu'il existe bien.
Comment ce lien pourrait s'expliquer ?
Le champ est beaucoup trop faible pour avoir un effet thermique.
Des études parfois anciennes ont prouvé chez les oiseaux l'effet de ce type de radiation sur le succès reproductif,la croissance, la physiologie, l'endocrinologie et le stress oxydatif. Plus récemment une étude prouve un effet sur la survie

des embryons d'oiseaux.
D'autre part, les plumes se comportent comme un diélectrique, ce qui peut produire un effet piezo-électrique. Cela peut aussi désorganiser l'orientation des oiseaux qui utilisent le champ magnétique. Il est aussi possible qu'il y ait un effet sur le fonctionnement des cellules nerveuses.
Les radiations peuvent avoir aussi un effet sur les insectes nécessaires au moineau pour nourrir ses petits : un tel champ électromagnétique diminue de plus de 50% les capacités reproductives des insectes.
 

The Urban Decline of the House Sparrow (Passer domesticus): A Possible Link with Electromagnetic Radiation
Alfonso Balmori et Örjan Hallberg
Electromagnetic Biology and Medicine, Volume 26, Issue 2 April 2007 , pages 141 - 151

 

Entre Octobre 2002 et Mai 2006, 30 points ont été suivis à Valladolid (Espagne) avec décompte de Moineaux et mesure de l'intensité du champ électrique (fréquence radio et micro-ondes). Une corrélation négative significative a été mise en évidence entre les deux grandeurs.

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