11/02/2010

Le pèlerin chasse au lamparo !.....

Die nächtliche Jagd des Wanderfalken Falco peregrinus auf Vögel im Scheinwerflicht von angestrahlten hohen Bauwerken – ein Überblick über dokumentierte Fälle in Europa

[ La chasse de nuit du Faucon pèlerin sur des oiseaux dans la lumière des projecteurs sur de hauts bâtiments éclairés. Unerevue des cas documentés en Europe.]

Theodor Mebs .Vogelwelt 130: 107-113 (2009)

 

Pèlerin Ivry en vol P_Derennes 240110 red

.........................................Chasse du Pèlerin à Ivry (94) le 23/1/10 photo P.Derennes

SITES ETUDIES

Berlin :

1930-1942 : Eglise du Souvenir ("Dent creuse") au zoo 282 proies dont 42 évidemment nocturnes (grèbes, râles, sarcelles, limicoles)

avr 1986-juillet89 : près d'Alexanderplatz, 626 proies dont 40 grives musicienne et mauvis, 25 Alouettes dont une Hausse-col et 36 "grèbes, râles, sarcelles, limicoles"

 

Cologne :

Cathédrale sur 88 proies, 52 probablement capturées de nuit dont 26 bécasses et 1 Petit gravelot !

 

Oberhausen (près de Duisburg dans la Ruhr)

dans la nuit du 21/11/2000, une femelle de Pèlerin a fait quelques chasses sur des mouettes qui volaient dans la lumière d'un projecteur

 

Belfort

Au chateau éclairé jusqu'à 1h du matin par 120 projecteurs entre le 26/5/2001 et 31 mai 2003, des chasses nocturnes ont été observées et sur 268 proies, 79 "grèbes, râles, sarcelles, limicoles"

 

Mulhouse

Sur le Temple St Etienne, de decembre 1999 à mars 2001, 115 proies de 30 espèces d'oiseaux dont 30 "grèbes, râles, sarcelles, limicoles" (dont un Phalarope à bec étroit)et 1 chauve-souris 

 

Nancy

Des chasses nocturnes sont observées à la basilique N-Dame de Lourdes

 

Bruxelles

A la cathédrale St Michel-Ste Gudule et juste autour, quelques proies dont 1 grèbe jougris !

 

Pays-bas

Province de Hollande du sud:

Sur une cheminée d'usine de plus de 120 m près de la côte , 3 dépôts de proies ont été étudiés. Au moment des migrations, ils capturent tant de proies qu'ils n'arrivent pas à tout consommer!

Arnhem:

Eglise Eusebius , étude des proies d'un pèlerin hivernant 31/1/2002 - 16/4/2008 : 497 proies dont au moins 24% de migrateurs nocturnes (37 castagneux, 36 bécasses, etc.). Le 6/4/2007 au matin, 10 proies fraiches non mangées (donc capturées dans la nuit !) dont 5 castagneux, 2 bécassines, une Sarcelle d'hiver un Râle d'eau et une alouette des champs

 

Grande-Bretagne

Exeter : couple nicheur depuis 1997 sur une église mais il n'a pas été possible de savoir si elle était éclairée la nuit. Sur 145 proies récoltées en 2001, 7 sarcelles;9 limicoles, des castagneux et râles qui ont dû être capturés la nuit.

Bristol et Bath : proies analysées entre 1998 et 2007 mais sources de lumière inconnue,

Total des 3 villes : 489 "grèbes, râles, sarcelles, limicoles" sur 5275 proies

 

Varsovie

Le couple du Palais de la Culture a donné 161 proies entre 1998 et 1999 dont 33 Grives draines, 8 Râles des genêts, des castagneux, râles d'eau et limicoles

En 2000 et 2001 une caméra infra-rouge braquée sur le nid a montré que les pèlerins nourrissaient leurs jeunes aussi de nuit, mais il n'est dit explicitement que le bâtiment était éclairé la nuit

 

Pilsen (Rep tchèque)

Sur immeuble de 16 étages, 4 visites en mai et juin 1999 ont donné 107 proies dont 29 "grèbes, râles, sarcelles, limicoles" et 3 chauves-souris sans doute capturés de nuit (mais il n'y a pas  d'indications sur l'éclairage)

 

DISCUSSION

-sur les proies capturées (probablement) de nuit regroupent des petits grèbes (spécialement le castagneux), des petits canards (principalement la sarcelle d'hiver), des cailles, des râles, des

limicoles (spécialement la bécasse et le pluvier doré), des alouettes et des grives. Pour les mouettes et les passereaux capturés, il est probable qu'une partie l'a été de jour. Les sarcelles  d'hiver sont très nombreuses dans les proies en Angleterre, ce qui est sans doute en lien avec le trajet migratoire à partir de la Fenno-Scandie où nichent 85% des effectifs européens hors Russie.

Le blongios n'a été capturé qu'à Berlin (2 ind) dans les années 30, ce qui s'explique sans doute par la chute des effectifs depuis cette époque.La caille n'a pas été trouvée dans les proies en  Angleterre et Belgique, sans doute à cause de sa plus grande rareté comme migrateur dans ces pays qu'ailleurs. La relativement bonne proportion de pluvier doré à Cologne et en Grande Bretagne est en rapport avec les forts passages de printemps dans ces régions.

Parmi les limicoles, notons les 7 Courlis corlieu contre 1 seul Courlis cendré. Dans le chapitre des grandes raretés, signalons la capture d'un Phalarope à bec étroit (Mulhouse), d'une Sterne de Dougall (Cologne) et d'une Chevêche (Pilsen).

- sur la chasse nocturne du Faucon pèlerin : le phénomène n'est étudié que depuis 2 décennies mais devait exister avant, vue l'étude à Berlin dans les années 30. Le phénomène est signalé dès 1990

(Cade et Bird 1990). Une étude en 2006 sur l'Empire State Building a montré 37 captures sur 111 chasses nocturnes. Le taux de réussite, 33%, est surement inférieur à ce qu'il peut être en Europe.

A Taïwan en 2005, un couple de pèlerin suivi grâce à 4 caméras vidéo, capture presque 80% de ses proies entre 19 et 22h, ce qui s'explique sans doute par l'éclairage nocturne du bâtiment (une tour

 

de 180m de haut).

L'utilisation de bâtiments par le pèlerin s'est développée fortement dans les dernières décennies, sans doute parce qu'ils peuvent servir facilement de point de départ pour les chasses. les pèlerins utilisaient un batiment éclairé ont sans doute remarqué rapidement que la chasse nocturne était facile et efficace, car les oiseaux ne pourvaient voir venir l'attaque du pèlerin et ne réagissaient donc pas à temps.

La capture de chauve-souris a été notée: sur 64 captures (1,2% des proies), 51 concernaient des espèces de crépuscule.

La chasse de nuit au moment des migrations permet de stocker des proies, ce qui limite la chasse de jour ou donne des réserves pour passer les périodes de mauvaise météo.

 

 

 

 

Berlin 1930'

Berlin 1986-89

Cologne

Belfort

Mulhouse

Bruxelles

Arnhem

G-Bretagne

Varsovie

Pilsen

Total des proies

626

282

88

268

115

24

497

5275

161

107

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sarcelle d'hiver

 

 

6

1

2

 

1

126

 

 

Sarcelle d'été

 

 

 

2

 

 

 

 

 

1

Caille des blés

4

1

2

27

4

 

9

 

1

14

Grèbe castagneux

15

12

2

10

 

 

37

18

 

4

Grèbe jougris

 

 

 

 

 

1

 

 

 

 

Grèbe esclavon

 

1

 

 

 

 

 

 

 

 

Grèbe à cou noir

 

 

 

 

 

 

2

1

 

 

Blongios nain

 

2

 

 

 

 

 

 

 

 

Râle d'eau

3

9

2

14

3

1

20

9

 

3

Râle des genêts

4

2

 

 

2

 

2

 

13

1

Marouette ponctuée

 

 

 

1

1

 

 

 

1

1

Poule d'eau

3

6

5

4

2

 

32

28

2

 

Foulque macroule

 

5

 

 

 

 

 

 

 

 

Pluvier doré

1

 

6

 

 

 

 

43

 

1

Petit gravelot

1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Courlis corlieu

 

 

1

 

 

 

 

6

 

 

Courlis cendré

 

 

 

 

1

 

 

 

 

 

Barge rousse

 

 

 

 

 

 

 

17

 

 

Bécasse des bois

 

4

26

12

13

1

36

86

5

3

Bécassine sourde

1

 

 

 

 

 

 

7

 

 

Bécassine des marais

3

 

 

4

1

1

2

120

 

 

Phalarope à bec et.

 

 

 

 

1

 

 

 

 

 

Chevalier guignette

 

 

1

1

 

 

 

 

 

 

Chevalier arlequin

 

 

 

1

 

 

 

 

 

 

Chevalier aboyeur

1

 

 

 

 

 

 

 

 

2

Chevalier combattant

1

 

 

1

 

 

 

 

2

 

Bécasseau variable

 

 

 

1

 

 

 

29

 

 

Sterne de Dougall

 

 

1

 

 

 

 

 

 

 

Chouette chevêche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

13:51 Écrit par Fr dans rapaces urbains | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/03/2009

Les faucons en ville, en Italie et en Europe

La frequentazione urbana delle specie del genere Falco in Italia e in Europa. Una monografia

                                                                                                       Maurizio Fraissinet    

Ecologia urbana – 20(2) 2008 : 29-56

 

Comme son titre l’indique, cet article fait le point de l’occupation du milieu urbain par les faucons en Europe mais aussi avec des éclairages sur d’autres continents. Je me limiterai à résumer ce qu’il dit du Crécerelle et du Pèlerin.

Le Faucon crécerelle est connu, en Italie, comme nicheur dans environ 35 capitales de province (à peu près des chef-lieux de département ). L’évolution est caractérisée par une augmentation du nombre de villes occupées et du nombre de couples nichant en ville (effectif multiplié par 5 en 20 ans).

Suivent des nouvelles de 23 pays européens et de 13 villes extra-européennes (il niche à Pékin et à Séoul mais n’est qu’hivernant à Tokyo et Ouagadougou....).

Des données de densité montrent parfois une densité urbaine équivalente ou supérieure à celle dans un milieu non-urbain (par ex.  40-60 c/100km² à Dijon contre 30c/100km² dans la campagne à 25 km de la ville ; 3 c/km² à Prague et dans le centre de Rome ! )

Le régime alimentaire montre une augmentation de la part représentée par les oiseaux (surtout au printemps) par rapport au milieu rural et ceci d’autant plus que le milieu est urbanisé. Inversement, la quantité de mammifères augmente avec la latitude. Proies inhabituelles à Berlin : 13 Martin-pêcheurs et 8 Perruches ondulées !  Certains crécerelles semblent spécialisés dans la capture de Martinets ou d’Hirondelles de fenêtre.

 

Le Faucon pèlerin  niche , en Italie, en ville à Lecco, Turin, Venise, Milan (probablement), Ferrare, Parme (prob.), Bologne, Florence (sur le Dôme !.....), Ancône (dans le port), Terni, Rome (2-3 couples), Latina (prob.), Naples, Bari (prob.), Cagliari et Agrigente. Au total 26-31 couples nicheurs en milieu urbain. L’urbanisation en Italie date du début des années 90, à mettre en rapport avec l’expansion de l’espèce dans le pays à partir des années 80.

Ensuite l’article donne des nouvelles de villes de15 pays européens, dont 9 villes où il  niche au R-Uni contre 6 citées pour la France et 5 pour l’Allemagne. Il  niche aussi à Dublin, Prague et Barcelone ainsi qu’à Québec, Ouagadougou, Chicago et Lima.... entre autres !

Pour les proies, presque uniquement des oiseaux (quelques cas de Chauve-souris et de  rats sont notés), le Pigeon de ville est toujours la première espèce de la liste au moins en biomasse et presque toujours en fréquence. A Rome en 92-93, le martinet était la proie la plus fréquente en fin de printemps. La chasse de nuit, utilisant l’éclairage urbain, est assez fréquente (avec des proies comme la Bécasse, le Grèbe castagneux, la Caille ou la Foulque). La distance parcourue pour chasser peut atteindre 42 km !

21:30 Écrit par Fr dans rapaces urbains | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/04/2008

Pèlerins et éperviers urbains

Nidification du Faucon pèlerin dans le Grand Lyon :
reproduction et pose de nichoirs à Feyzin

Dominique TISSIER, Vincent GAGET (2007)

L’EFFRAIE n°20 CORA-Rhône 18-25

Remontée des effectifs depuis les années 80 : les Pèlerins se mettent à utiliser des sites anthropiques (Cattenom 1995 mais cathédrale d'Albi depuis 1950.)
Listes des villes habitées : Strasbourg, Mulhouse, Altkirch,Belfort (couple fixé mais toujours pas de nidification), Lunéville, Nancy, couple cantonné à Rodez.


Un couple est repéré le 30/4/2005 sur une torchère de la raffinerie de pétrole de Feyzin sous une plate-forme de maintenance située à plus de 60 mètres (repro sans doute échouée), reproduction prouvée en 2006.
Parallèlement à cela, le Cora-Rhône fait placer par hélicoptère 2 nichoirs sur des chateaux d'eau du plateau agricole des Grandes Terres, le premier en zone agricole, l'autre au milieu d'une cité HLM.
Suite à la découverte d'un couple sur une cheminée centrale de l’ex-site du GIAT, à Saint-Chamond (42) en octobre 2006, 3 nichoirs sont posés par la LPO-Loire, 1 sur la cheminée, l'autre sur l'église N-Dame et le dernier le sera à Yzieux.

Pèlerin Metz red
Un pèlerin sur une usine en banlieue de Metz. photo B.Kurzemann

Diet and prey selection of urban-dwelling Peregrine Falcons in southwest England
Edward J. A. Drewitt and Nick Dixon (2008)
British Birds 101 (February 2008) 58–67

4% des pélerins du Royaume-Uni nichent en ville.
Les auteurs ont analysé les proies de pèlerins résidant à Bristol, Bath et Exeter,entre 1998 et 2007. Ne pas oublier que le territoire comprend aussi des zones rurales et humides dans un rayon de 8 km [Rq: Il est admis que les pèlerins ne chassent pas à proximité du nid, mais font plusieurs kilomètres en moyenne pour chasser (de 2 à 43 km avec un record absolu pour un vol de 79km au Canada !)]

Ils ont trouvé les restes de 98 espèces, dont la taille va du Roitelet huppé au Canard colvert, avec une large majorité (42%, c'est à dire plus que les résultats des autres villes européennes) de Pigeon biset féra, 10% de turdidés, 10% de petits granivores, 9% d'étourneaux. Les martinets représentent 9% des proies en été.
De nombreuses espèces migrant la nuit apparaissent dans le régime des pèlerins principalement au moment des passages : Poule d'eau, Grèbe castagneux, Bécasse et les 3 grives migratrices. Cela laisse penser que les Pèlerins se sont mis à la chasse de nuit en utilisant l'éclairage artificiel...Une liste des arguments (et des espèces chassées....) qui étayent cette chasse nocturne (ou au moins crepusculaire) est établie grâce à une bibliographie circum-terrestre....dont des observations directes sur l'Empire State Building !
A noter que la chasse de nuit existe aussi en milieu rural ou naturel (capture de chauve-souris, de bécasse, suivi au radio-tracking,...).
Il est évoqué la possibilité que le plumage des limicoles qui les camoufle des prédateurs par le dos et les masque de leur proie par leur ventre clair soit contreproductif en éclairage artificiel, ce qui peut expliquer la proportion non négligeable qu'ils forment dans le régime du pèlerin en période de migration

epervier C_Kerihuel rogné
 
Sparrowhawk- a new breeding species in the polish towns ?
W.Biadun 2006
Berkut 15 (1-2) 120-124

Les 4 premiers cas de nidification à Lublin (ville de 400 000 hab au SE de la Pologne) ont été découverts en 2002, il y avait 6 couples en 2005 et 2006.

L'ensemble correspond à 9 sites de nidification (dont 6 en centre ville) : 5 en parcs, 2 en cimetière, un dans une petite parcelle boisée le long d'une artère embouteillée et un dans une rangée d'arbres situées entre 2 rues.Seules 3 de ces parcelles boisées dépassaient 10ha.Tous ces sites étaient proches de rues animées ou de passage de piétons.
Sur les 21 nids, 14 étaient sur des conifères.18 étaient construits contre le tronc. La hauteur était de 14,5m en moyenne (8-25m), plus haut qu'en milieu naturel.
La construction commence à la 2ème décade d'avril, la femelle est vue au nid dès le 20 avril et les premiers jeunes sont vus un 26 mai (les plus tardifs un 7/7). Les jeunes quittent le nid en juin-juillet, significativement plus tôt que dans la nature.
Plus de 75% de couvées réussies (beaucoup plus que dans la nature).Il y eut à l'envol 2,3 jeunes par couvée réussie en 2002 et 2004(nettement moins que dans la nature) mais 4,2 j/couvée en 2005-2006.
"Les oiseaux sont notablement difficiles à effrayer"....! Distance de fuite de certains oiseaux inférieure à 10m. Les mâles et les jeunes poussent souvent des cris.
La population d'éperviers de Lublin semble en expansion, montrant une adaptation caractérisée par une spécialisation dans le Moineau et la possibilité de consommer des cadavres, abondants à la suite des collisions avec des automobiles.

17:17 Écrit par Fr dans rapaces urbains | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/01/2008

Goélands et Pèlerin napolitains

  Maurizio Fraissinet a eu l'amabilité de m'envoyer 2 articles sur les oiseaux de Naples, dont voici un résumé 

Il Gabiano reale mediteraneo Larus michahellis nidificante a Napoli
Maurizio Fraissinet & Davide De Rosa
Alula XIII (1-2): 163-170 (2006)

Le Goéland leucophée a commencé à s'établir en milieu urbain au début des 70'. En Italie le phénomène a atteint un niveau important, aussi bien en bord de mer qu'à l'intérieur des terres, avec plus d'une centaine de couples à Trieste et Rome.
A Naples, la colonisation a commencé à la fin des année 80 ( 1ère nidification constatée en 1990). Voici les résultats obtenus à l'occasion 2ème Atlas des oiseaux nicheurs et hivernants de Naples (2006)
La ville de Naples comprend 1M hab répartis sur 117km2 presque entièrement urbanisés,elle est disposée en amphithéatre sur la mer, de 0 à 450m d'altitude, pour une longueur de 8 km de long.
En 2005, on a trouvé 75-79 couples nicheurs (14 en 1990, 30 en 1995), 54% en falaises naturelles et 45% en milieu nettement anthropique [22% des carrés de l'atlas occupés en 2000-2004 contre 2% en 1990-94].

Sites de nids :sur les 34 nids en milieu anthropique, 12 ont été construits sur des toits en tuiles et 18 sur des toits en ciments.
Productivité : 2,55 oeufs/nids, succès reproductif de 66,4% (1,8 jeune envolé/nid), pas de différence entre milieu naturel et urbanisé.
Eclosion : 20/4-20/5(principalement 25/4-5/5); envols : 25/5 - 20/7(principalement au mois de juin), les dates sont plus homogènes en milieu anthropique et plus étalées en milieu naturel
Nourriture : couples "naturels" presque uniquement poissons
                     couples anthropisés : pigeons (70%), poissons(20%),déchets (10%) [sans compter un couple nourri à la mozarelle (di bufalla s'il vous plait! ) par une habitante !.....]
Distance entre les nids beaucoup plus grande en milieu anthropique qu'en falaise : sur les toits,il n'est pas possible de constituer une vraie colonie avec des couples séparés de qq mètres comme en falaise.
Ces résultats recoupent ceux précédemment trouvés à Triestre, à Barcelone et dans un certain nombre de viles anglaises


LA DIETA DI UNA COPPIA NIDIFICANTE DI FALCO PELLEGRINO (FALCO PEREGRINUS) IN AMBITO URBANO A NAPOLI
Maurizio Fraissinet & Davide De Rosa

Atti Mus.  Civ. Stor. Nat. Trieste (15/12/2005)

En 2007, 5 couples de Faucons pèlerins ont niché à Naples, dont un depuis 4 ans sur un balcon au 17è etage d'un immeuble. Il a été suivi grâce à une webcam.
4 oeufs ont été pondus de manière asynchrone à partir de fin février, éclosion à partir du 6/4 de 3 oeufs, envol de 2 poussins les 18 et 29/5

Analyse de 64 proies étudiées

Espece N % % Biomasse
Pigeon biset 19 29,69 56,71
Moineau italien 8 12,50 2,46
Caille 7 10,94 7,22
Merle 6 9.38 6,11
Tourterelle des bois 5 7,81 6,96
Martinet 5 7,81 2,16
Tourterelle turque. 2 3,13 4,07
Loriot 2 3,13 1,34
Passereaux non identifiés 2 3,13 0
Fauvette orphée 1 1,56 0,1
Bergeronnette grise 1 1,56 0,2
Pinson des arbres 1 1,56 0,23
Chouette hulotte 1 1,56 4,67
Epervier 1 1,56 2,07
Pie 1 1,56 2,25
Pipistrelle 1 1,56 0,05
Rat surmulot 1 1,56 3,3
Total 64 100 100

 

A noter l'importance du pigeon et la représentation relativement faible des espèces migratrices (35% des ind capturés). Originale, la capture d'un rat sumulot, sans doute près du marché de fruits et légumes.

30/09/2007

Le croupion blanc des pigeons les sauverait du Faucon pèlerin

Prey plumage adaptation against falcon attack

Alberto Palleroni, C.T.Miller, M.Hauser, P.Marler 2005NATURE|VOL 434 | 21 APRIL 2005 p.973-974

 

 

A l'aide d'observations dans la nature et d'expériences, les auteurs étudient l'efficacité de certaines colorations de plumage du Pigeon biset féral contre les attaques éclair du Faucon pélerin : le phénotype sauvage est gris-bleu avec un croupion blanc alors que les autres sont dépourvus de ce contraste net.

Pendant 7 ans, 1485 attaques par 5 adultes ont été suivies à Davis (Californie) plus 309 quand 3 d'entre eux étaient juvéniles. Etaient notés le phénotype du pigeon attaqué et le succès éventuel de l'attaque. La répartition des phénotypes des pigeons dans la population a été déterminée et il a été noté qu'elle correspondait à la répartition des phénotypes attaqués sauf pour le type "sauvage" significativement moins attaqué (les jeunes attaquaient tous les phénotypes conformément à leur répartition). En revanche,le phénotype sauvage est très peu attrapé, que ce soit par les adultes ou les juvéniles.Pèlerin Tours P_Cabard aut05
 Faucon pèlerin sur la cathédrale de Tours photo P.Cabard

En capturant plus de 750 pigeons de type "sauvage" ou sans croupion blanc, les auteurs ont interverti artificiellement leurs phénotypes et ont vérifié après les avoir relâchés que cela inversait les pourcentages de capture, les "sauvages" maquillés se faisant plus capturer que les autres au croupion teint en blanc.

C'est donc bien la tache blanche du croupion qui explique cette différence de capture : elle permettrait à l'oiseau de masquer le début de l'opération de dégagement qu'il effectue quand il est victime d'une attaque. Le pigeon pivote brusquement mais la tache blanche poursuit quelques fractions de seconde sa trajectoire pendant que les ailes ont déjà pivoté. Son attention fixée sur le croupion, le faucon réaliserait trop tard la manœuvre.Pendant les décennies où le Pèlerin a presque disparu, le phénotype "sauvage" a beaucoup décru mais après le retour du Pèlerin, pendant la durée de l'étude, la proportion de Pigeon au phénotype "sauvage" a significativement augmenté. En revanche, dans les villes de l'est du domaine eurasiatique d'origine du Biset où leur prédateur (F. sacre) les attaque en vol horizontal , le phénotype sauvage est absent.

Le retour du Faucon pélerin devrait donc faire augmenter la proportion du phénotype "sauvage" chez le Pigeon biset féral.

17:44 Écrit par Fr dans rapaces urbains | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2007

Le Faucon pèlerin en ville

Le Faucon pèlerin niche dans presque toutes les capitales européennes : Londres, Bruxelles, Berlin, Prague, Varsovie, Rome, etc.

A Paris, il ne niche toujours pas, malgré la présence de 2 nichoirs posés sur les tours de la BNF, qui ont fait la joie d'un couple de crécerelles.... 

 

Nidification du Faucon pèlerin sur les édifices

Olivier G. 1953

O.R.F.O. 23: 109-124

 

A part un cas en Suède et un au Danemark, il n'y avait pas  à cette époque  de nidification certaine connue sur des bâtiments en Europe de l'Ouest (mais quelques cas probables au R-Uni et en Allemagne).Des séjours sur des bâtiments sont observés en plusieurs endroits (dont Paris et Limoges au début des années 50)

En revanche, il y a plusieurs cas connus aux Etats-Unis avec une première nidification réussie à New-York sur un building en 1945, suivie d'autres cas ailleurs (Baltimore, Washington, Los Angeles, etc.). Mais le premier cas nord-américain est québécois : Montréal en 1928.

 

[Il faudra attendre 2001 pour avoir un cas urbain en Amérique du Sud (Lima), in Nos Oiseaux 48 : p.287 ]

 

Geringe Distanz zwischen zwei Paaren des Wanderfalken Falco peregrinus in Basel

Marc Kéry, Kurt Pulfer und Georges Preiswerk

Der Ornithologische Beobachter 102: 1-4

 

6 nichoirs ont été installés à Bâle au début des années 90'. Ils ont été le plus souvent utilisés par des crécerelles, mais depuis 1995 un couple de pélerin niche régulièrement sur une tour de 105m de haut. Peut-être dès 2002 et de manière certaine en 2003, un autre couple s'est établi avec succès à 520m de là, sur une tour de 78m.

Les oiseaux ne peuvent se voir directement depuis l'intérieur des nichoirs, mais le peuvent dès qu'ils en sortent.

En 2005 (et peut-être déjà en 2004) le 2ème couple s'éloigna à 1130m de distance.

En Suisse, la distance moyenne en sites naturels entre 2 nids est de 1,5 km environ, entre 1 et 1,5 km dans le Jura français, mais des cas de proximité plus grande sont connus ("record" : 190m).

Le plus souvent, ce genre de proximité ne donne pas une situation stable....

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17/06/2007

Le régime alimentaire du Faucon crécerelle en ville

Le régime alimentaire du Faucon crécerelle à Paris

Thibault 1968 , Alauda, 71(1) : 82-83

Analyse des proies du couple de St Sulpice : 44 oiseaux contre 64 micrommammifères

 

Nidification du Faucon crécerelle en 1975 à Paris sur l'église St Sulpice

Baudoin 1976, Le Passer 12:78-88

Analyse de pelotes à Paris et en région parisienne : 40% d’oiseaux à Paris contre 2% en R.P., 57% de micromammifères contre 86,6% en R.P.

 

Approche du régime alimentaire du Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) en milieu urbain (Paris intra-muros) et durant la période de reproduction

Quere JP 1990, Le Passer, 27 : 52-91

Sur plus de 1000 proies : 63,5% de mammifères (dont 75% de campagnols) et 32% d’oiseaux (95% de moineaux). Le pourcentage d’oiseaux augmente pendant la saison et devient dominant à partir de mai.

 

The kestrel (Falco tinnunculus L.) in Berlin: investigation of breeding biology and feeding ecology

Sonja Kubler,Stefan Kupko,Ulrich Zeller 2005, J Ornithol. 146: 271–278

A Berlin, 10 couples en nichoirs suivis de 2002 à 2004 (sur 200-250 couples environ sur le territoire de la ville-état).

Gradient très net du centre à la périphérie dans les restes de proies trouvées au nid: 70% d’oiseaux au centre contre 7% à la périphérie, les mammifères passant au contraire de 11% à 78%.

Les moineaux représentent 74% des oiseaux en centre ville, 42% à la campagne. A noter la présence dans la liste des proies de 13 Martinets (sur 540 oiseaux au total) et de 8 Perruches !